Edito

Voilà plus de 20 ans que le Souffleur existe. 20 ans, que les critiques de cette association parcourent les théâtres d’Île de France pour vous livrer leurs témoignages, leurs analyses, leurs objections et leurs interrogations sur l’actualité théâtrale contemporaine.

 

Un désir de théâtre qui au fil des ans ne s’est pas émoussé et dont le Souffleur témoigne à travers la jeunesse et la vitalité de ses membres. Et si chaque année l’équipe du Souffleur change – certains nous quittent, d’autres nous rejoignent – la réflexion amorcée il y a 20 ans perdure, comme autant de questionnements transmis et retransmis sous des formes renouvelées.

 

Ce travail, nous le menons collectivement – à travers nos écrits, nos échanges, mais aussi nos dialogues avec les artistes, universitaires, critiques et autre professionnels du théâtre que nous rencontrons sur notre chemin ou que nous sollicitons, comme l’année dernière lors de notre journée de réflexion sur la critique, organisée en collaboration avec l’Université Paris 3.

 

Tandis que la course aux stages dans le milieu du journalisme culturel est devenue un parcours du combattant, le Souffleur permet à de jeunes gens de se confronter en toute autonomie, et parfois pour la première fois, au métier de critique. Espace de liberté et d’expérimentation, c’est un lieu de formation, mais c’est surtout un lieu de réflexion et de recherche en commun vers l’exercice d’une pensée libre, éveillée, déformatée – une pensée résistante, critique !

 

Les textes que vous lirez ici n’obéissent à aucun cadre formel imposé, mais défendent une « écriture de recherche », en symbiose avec la nature – toujours changeante, souvent hybride – de l’objet même auquel nous appliquons notre crible : le théâtre. Ces textes partagent en outre une même exigence, un même idéal, une même idée de ce que devrait être le rôle et la responsabilité de la critique aujourd’hui.

 

Parce que nous refusons de faire de la critique un simple instrument du marché, parce que nous ne sommes pas des guides du consommateur, parce qu’une œuvre d’art n’est pas un produit… parce que nous sommes fatigués des commentaires à usage mondain dont nous abreuve, à défaut d’analyses et de réflexions, la plupart des médias culturels d’aujourd’hui… nous avons choisi la forme de l’association –de cette association – pour affirmer et donner forme ensemble à notre vision de la critique et du théâtre.

 

Une nouvelle saison commence, elle sera forcément critique !