Viens voir les comédiens … du LIFT festival de Londres!

Autres théâtres

  • Date Du 2 au 29 juin 2014

LIFT

 

L’équipe du LIFT festival a sillonné la planète pour aller voir les comédiens qui animent et transforment la scène théâtrale contemporaine. Des artistes téméraires à l’imagination radicale voyagent à leur tour jusqu’à Londres pour jouer des spectacles qui n’ont d’autres ambitions que de bouleverser notre regard sur les choses et de changer la face du monde.

 

Comment comprendre pleinement ce qui nous est donné à voir et à entendre ? Les surtitres nous permettent de saisir l’information de la pluralité des langages qui traversent la scène. Cependant, ils prennent une place suffisamment secondaire pour ne pas frustrer un spectateur qui passerait les trois quart du spectacle les yeux collés au prompteur. L’essentiel de ce que les artistes souhaitent communiquer ne se cache pas dans les tréfonds aux multiples facettes de leur langue maternelle. Metteurs en scène, chorégraphes, vidéastes, créateurs lumière et ingénieurs son collaborent ensemble pour investir d’autres espaces de perception qui développent différemment notre sensibilité. La porosité des frontières entre les différentes disciplines permet de rendre flexible et perméable les frontières entre les nations. Voici un parcours possible du LIFT festival : The Roof, David Rosenberg et Frauke Requardt (Allemagne), au parking du National Theatre ; Deblozay, Rara Woulib (France), au cimetière de Saint-Alfege puis dans les rues de Greenwich, Turfed, Renato Rocha (Brésil), Hackney Down Studio.

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Au milieu d’une immense arène aménagée dans le parking du National Theatre, les spectateurs munis d’écouteurs diffusant une étrange musique sont invités à entrer. Dans la nuit épaisse de Londres, des toitures d’immeubles et de petites maisons parsèment cette étrange scène à 360 degrés. De quel côté le spectacle va-t-il commencer ? La lumière tamisée d’une chambre s’allume et l’on aperçoit une jeune femme qui danse lentement et qui susurre des paroles énigmatiques. Elles retentissent dans les écouteurs du spectateur et le mettent dans une position ambigüe qui oscille entre une douce intimité et un voyeurisme amer. La danseuse regarde de temps à autre à travers la fenêtre et semble attendre quelqu’un. De l’autre côté du cercle, un homme en costume de super-héros jaillit d’une cheminée. Il combat une armée de monstres verts, résiste à la tentation d’un bataillon de demoiselles aguicheuses, pour finalement mener un corps à corps vigoureux avec l’ex-compagnon de sa dulcinée. Malheureusement, le jeune homme a beau s’évertuer et donner le meilleur de lui-même pour chaque épreuve, « la connexion échoue » : la jeune femme « ne le capte plus », la relation meurt, il se jette entre deux immeubles. Qu’arriverait-il si la complexité des relations amoureuses prenait la forme d’un immense jeu-vidéo ? Voici la question à laquelle le metteur en scène David Rosenberg et le chorégraphe Frauke Requardt tentent de répondre à travers The Roof.

 

Poursuivons notre nuit londonienne dans les rues de Greenwich. Au pied de l’église Saint Alfege, des hommes et des femmes en costumes noirs et maquillés de blanc s’adonnent à de curieuses occupations parmi les tombes. Les spectateurs entrent, puis se promènent au sein du cimetière pour découvrir d’étranges personnages silencieux : un homme creuse à tâtons un coin de terre au pied d’un arbre, une femme assise sur une souche joue avec un morceau de bois, certains sont juchés sur des murets de pierre et marchent comme des somnambules. Ils n’appartiennent plus au monde des vivants depuis bien longtemps. L’un d’entre eux entonne un chant mélodieux et puissant, puis deux, puis trois. Une trentaine de morts se rassemblent alors au rythme du « Rara » haïtien, transe musicale déambulatoire. Deblozay, qui signifie « chaos » en créole, est un spectacle qui redonne une voix aux anciens habitants de Greenwich, enfouis sous terre depuis des décennies. Le public est invité à suivre cette réunion énigmatique pour partir à la recherche d’une mémoire perdue de la ville et des milles visages invisibles qui jadis peuplaient les maisons du sud-est de Londres.

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Téléportons-nous ensuite en plein nord de la ville au Hackney Down Studio. Les spectateurs entrent puis circulent dans un vaste hangar dans lequel les comédiens vaquent à leurs occupations. La nuit est noire, et cependant, les personnages que nous observons n’ont nulle part où aller. Deux panneaux électriques aux deux extrémités de la salle indiquant « Home » et « Away » éclairent faiblement leurs silhouettes errantes. Un jeune homme assis sur un banc somnole, une jeune femme observe une petite fenêtre éclairée découpée dans une boite en carton, une autre s’allonge à même le sol et recouvre son corps de grandes fleurs rouges. « L’espoir fleurit sur ce sol froid et dur » chante finalement une comédienne pour briser ce silence. Comment continuer de grandir quand on vit dans la rue si jeune ? Comment devenir un adulte et trouver sa place dans une société qui nous a rejetés si violemment ? Comment trouver dans ce sol inanimé suffisamment d’espoir pour bâtir de nouveaux rêves ? Des comédiens venus de Tanzanie, des Philippines ou originaires de Londres se réunissent sous le regard affuté de Renato Rocha, metteur en scène brésilien, pour aborder une thématique universelle : le lien viscéral des être humains à un abri, physique ou symbolique.

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Se promener la nuit dans les rues de Londres lors du LIFT festival nous amène parfois à faire des rencontres surprenantes. Poussez la toile et entrez-donc vous installer, Sous les étoiles le rideau va se lever !

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