Liaisons dangereuses

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Sortir les personnages de Choderlos de Laclos de leurs correspondances romanesques du XVIIIème siècle pour les faire dialoguer devant un public est une idée de départ plutôt alléchante. Valmont est un débauché d’âge mûr qui prend du plaisir à traquer les femmes les plus inaccessibles pour mieux les humilier et les abattre. Merteuil est une marquise que la luxure a fini par dégoûter de tout : de l’amour, du mariage, et même du sexe. C’est deux personnages sont réunis par Heiner Müller afin qu’ils nous exposent leur vision quasi animale des rapports entre hommes et femmes. Il utilise des mots d’aujourd’hui, nous décrit les corps comme des objets de dégoût, de pur plaisir physique et fugace.

Hans Peter Cloos, le metteur en scène, nous présente ces deux personnages dans un décor oppressant. La cage de scène est presque à nue, simplement agrémentée de quatre plans jaunes. Une quinzaine de chaise et des miroirs montrent la volonté minimaliste de la mise en scène. La lumière joue un rôle très important et est assez joliment travaillée. Mais ce qui ressort le plus de ce spectacle c’est que le texte très dense de Heiner Müller nécessiterait plus de jeu, tout simplement. Les comédiens – par ailleurs excellents – sont dirigés dans une sorte de détachement et de neutralité qui rend les tirades indigestes. Le Valmont vieillissant et la perfide Merteuil interprétés par Niels Arestrup et Dominique Valadié nous livrent un spectacle de désolation sur un plateau à la fois vide et rempli d’amertume et de désir de vengeance.

On en ressort mal à l’aise, mais aussi étourdi par un texte riche en mots et qui veut suivre les points de vues des différents personnages des Liaisons Dangereuses, y compris Madame de Tourvel et Cécile de Volanges.

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