Gustavia

Théâtre de la Cité Internationale

  • Date 15 Mai au 1 Juin
  • Interprétation et mise en scène Mathilde Monnier/ La Ribot
  • Lumière Eric wurtz
  • Réalisation sonore olivier renouf Olivier renouf
  • Costumes Dominique fabrègue
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Elles se mettent à pleurer, deux femmes , un micro sur pied et des pleurs comme une enfant couine après un caprice. Commencer par pleurer pour faire rire, commencer à danser pour esquiver le rire, finir par parler pour esquiver … l’art ?

 

Gustavia nom de code d’un parcours de lévitation, de détournement du registre qui détermine le lieu du corps dansé. On commence généralement  organisé et c’est gestes à l’appel que le danseur se lance dans le répertoire de son instrument. Ici, le lieu depuis lequel ça commence, c’est le contretemps. Les deux danseuses forment un couple qui joue de l’assymétrie du deux. L’une en force avec une planche, l’autre qui prend systématiquement les coups. Le coup est autant pris au sens d’encaisser, que dérober à l’autorité de celle qui le donne. Ca c’est la version sérieuse, sinon on peut verser dans le comique via la répétition des gestes simultanément exécutés par les danseuses. Le parterre est jalonné de velours noir, la lumière faible permet de construire un espace d’entre-deux : entre burlesque et tragique (au sens d’espace de gestes décisifs). Et c’est l’hésitation entre les deux registres qui maintient l’équilibre du geste des deux femmes. Le coup est décisif, et pour qu’il le soit davantage il vaut peut être mieux le singer avant de le renversement.

 

Durant une dizaine de minutes, l’une en avant scène, l’autre en fond, couvrent et recouvrent frénétiquement leur genou. Elles échangent leurs places et on serait prêt à les confondre. Confusion des figures de l’artiste qui ne se distinguent plus, corps machine qui apparaît ensuite à divers endroits de la scène, faisant le même geste. Il est bien plus une tentative renouvelée qu’une consécration, et c’est la pure gratuité de sa répétition que nous offre les danseuses.

Elles terminent par deux tirades lancées en même temps, judicieusement accordées d’ailleurs, qui mettent au défi les lois du corps féminin. Epuisement encore, d’images et de registres , soutenu par la complicité jouissive des deux danseuses !

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