Les Barbares

Théâtre Gérard Philipe

  • Date 14 mai - 18 mai

Ludovic, Claire et Rémy se retrouvent, un soir d »été, dans la maison de campagne de Ludovic. Rien ne semble les rapprocher, sinon une même passion, un même vice : l’appétit pour la chair, la fureur dévorante du carnivore affamé. Tout en attendant leur quatrième invité, ils mettent au point un stratagème pour le dépecer par surprise et s’en partager les meilleurs morceaux. Réussiront-ils à mettre leur plan à exécution ? Quand la théorie fait place à la pratique, rien est moins sûr…

 

Installés selon un dispositif quadri-frontal, les spectateurs encadrent un petit plateau carré au centre duquel trône une table en bois, assortie de quatre sièges. Un luminaire de style vieillot fait office d’éclairage, baignant de sa lumière comédiens et spectateurs. Le public, ainsi jeté sous le feu des projecteurs, forme le décor vivant de ce rendez-vous d’un style particulier. Cette intégration du public dans la dramaturgie du spectacle – non comme il est souvent coutume de le faire pour en révéler le caractère actif – mais bien plutôt ici, pour mettre en scène une position d’impuissance et de passivité face à la barbarie, est particulièrement intéressante. Réduit à ne figurer qu’un décor, le spectateur se trouve online casino canada ici dans la position désagréable du témoin immobile et muet, auquel aucune possibilité d’action n’est offerte. Un parti pris particulièrement pertinent.

 

Le caractère confiné de l’espace et l’impression d’étouffement qui s’en dégage ajoutent à l’inquiétante étrangeté de la situation… mais aussi des personnages. Quatre individualités au caractère fortement différencié : Ludovic, d’un calme glaçant ; Claire, remuante et fébrile ; Rémy, presque muet ; quant au quatrième invité, mieux vaut ne rien en dire. Ce qui frappe chez eux, c’est la nervosité qui les habite, une nervosité quasi animale, semblable à l’inquiétude de la bête aux aguets.  Les moments de silence sont tout particulièrement saisissants de tension : on guette le moindre regard, le moindre geste, car c’est alors que tout peut arriver, une baisse de vigilance et la proie peut devenir le prédateur, le prédateur la proie…

 

Une fable drôle et cruelle à la fois, où le grotesque se dispute à l’effroi, pour le plus grand plaisir des spectateurs !

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