Rona Ackfield

Autres théâtres

  • Date Les 13, 14, 15 mai 2013

 

Rona Ackfield, c’est l’histoire de cette fillette disparue à sept ans, retrouvée jeune adulte, de longues années plus tard. Le doute plane sur sa disparition -enlèvement, fugue- sur la vie qu’elle a pu avoir, et sur son identité. Si longtemps après, la vérité se mêle au mensonge.

 

Lorsqu’une jeune femme réapparaît un jour et affirme être cette Rona, les médias s’emparent du scoop et très vite trois autres jeunes femmes affirment être la petite disparue. Chacune raconte son histoire. Celles-ci résonnent avec les faits divers dont regorge notre actualité.
Quatre comédiennes sur scène racontent quatre histoires. Elles se la racontent à elles-même en même temps qu’elles semblent la dévoiler douloureusement au monde/public. Peu à peu, une course à la meilleure histoire semble se profiler.

 

L’espace scénique a des airs de no man’s land, lieu dévasté et sans mémoire, l’histoire étant malheureusement universelle : celle d’une disparition au monde et d’une disparition à soi. Qui est Rona? Qui suis-je moi-même qui ne suis plus celle que j’étais pendant les sept premières années de ma vie? Un trou noir se crée entre le réel et la fiction que l’on s’invente, fine pellicule protectrice. C’est le thème de la fictionalisation et du jeu dangereux de réécrire sa propre histoire, édulcorer sa vérité aux yeux du monde et face à soi-même, pour se re-dire qu’on existe -et qu’on peut aussi exister différemment. Le spectacle se frotte à l’intime, aux méandres d’un cerveau désenchanté, en proie à son propre vide, prêt à se dédire et à annihiler son existence pour en incarner une autre, mensongère mais plus aventureuse, plus intéressante pour les autres et peut-être pour soi-même.

 

Rona, c’est vraiment quatre personnalités, quatre plumes qui écrivent différemment une même histoire. Quatre jeunes femmes de la No panic compagnie ont tenté le pari de mêler leurs univers et leurs écritures autour d’un même thème. Quatre monologues pour quatre corps dont les moindres scories se révèlent sous nos yeux. Le résultat est une création, émouvante et joliment menée par quatre femmes au plateau. Malgré quelques faiblesses dans la mise en scène (notamment une scène d’échange de vêtements des quatre femmes qui se transformant en une danse maladroite qui casse un peu le rythme de l’histoire), le travail vidéo, quant à lui, répond avec intelligence à la présence et aux propos des comédiennes.

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