Cachons-nous sous cet amandier

Autres théâtres

  • Date Du 2 au 24 mai, les jeudis et vendredis à 19h

Écrite et mise en scène par Shady Nafar, Cachons-nous sous cet amandier est une pièce sur le souvenir de l’autre, sous forme d’un récit de voyage pittoresque. L’histoire s’écrit comme un voyage dans la mémoire, en même temps qu’un road trip du Texas en Patagonie.

 

Un jeune couple s’embarque dans une aventure : la traversée des Amériques du Nord au Sud, à toute vitesse sur la route 66. Ils font escale au milieu, en son centre parfait, « exactement à 1139 miles de Chicago et de Los Angeles ». La ligne de démarcation est claire, il y a un avant et un après, le passé et le futur, la mémoire et l’oubli, et entre les deux un présent incertain mais haut en couleurs. Le couple s’arrête là, en ce centre parfait pour s’acheter un burger au Midpoint café. Plus d’argent pour payer la note et continuer la route ? qu’importe, il suffit de braquer le bar et de partir en trombe direction le Mexique !

 

Le rythme est lancé, une cavalcade sur fond de désert, aux embardées inattendues, au volant d’une voiture en forme de cercueil; un objet symbolique qui sert de mode de transport tout au long de la pièce : Cadillac, bateau à moteur, dernier radeau avant l’oubli. Un système ingénieux pour traiter avec humour des sujets parfois tragiques (séparation, mort). La scène est presque nue, seul un cercueil de laque blanc à l’intérieur de satin rose -un peu kitsch- trône sur le plateau; accompagné d’une longue échelle adossée au mur du fond, décoré de quelques photographies de vacances et d’un néon; seuls éléments qui donnent les impressions d’espace et de temps. On voyage du haut d’une falaise (le haut d’une échelle) à la proue d’un bateau (les pieds dans le cercueil) en un éclair, une lumière néon suffit pour entrer dans une boite de nuit mexicaine, un mouvement simple d’un comédien initie l’entrée dans un nouvel espace. La scénographie, comme la mise en scène, est simple et laisse la part belle aux comédiens, à leur fraîcheur, donnant au jeune couple toute la place pour construire leur relation amoureuse devant nos yeux.

 

L’énergie déployée par les deux comédiens, Thomas Fitterer et Shady Nafar, offre des moments de poésie, ponctués de petites bouffées d’humour. Au spectateur de les accueillir et de se laisser embarquer dans leur aventure. Entre récit de voyage et scènes à deux, passant du récit au dialogue, c’est l’homme qui mène la danse, il raconte comment ils ont dû abandonner la Cadillac après le braquage au Texas de peur de se faire repérer, il décrit leur arrivée chaotique à Acapulco, sa rencontre avec des frères mafieux, leur séparation, leurs retrouvailles trop tardives… Insidieusement, le trouble s’installe, a-t’il vécu cette aventure sans elle ? Quelle est la part fantasmée et la part réelle du récit ? Citant en référence Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez, le jeune homme semble/croit avoir rêvé sa vie à deux.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *