The Tempest

MC93 - Bobigny

  • Date 5 - 7 avril
  • Spectacle du Teatro Praga
  • D'après The Tempest or The Enchanted Island de Henry Purcell
  • D'après The Tempest de William Shakespeare
  • Texte et direction Pedro Penim, André E. Teodósio, José Maria Vieira Mendes
  • Musique composée et jouée par Xinobi & Moullinex
  • Avec Joana Barrios, Diogo Bento, André Godinho, Cláudia Jardim, Diogo Lopes, Patrícia Da Silva, André E. Teodósio, Vincente Trindade, Daniel Worm d'Assumpção
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Prospéro et sa fille sur une île déserte. STOP. Exilés par son frère Antonio. STOP. Prospéro magicien a libère Ariel esprit, et Caliban monstre. STOP.  Antonio et le roi passent au large de l’île. STOP. TEMPETE. Ils échouent sur l’île. STOP

 

« Il ne faut chercher ni début ni fin. Ils sont restés hors du spectacle. Cette tempête est à la fois une île et un bateau qui dérivent à la recherche d’un hypothétique port d’attache oublié.  A la recherche de la couleur juste (et il n’y a pas de justice), à la recherche du juste cadrage (mais il n’y a rien de juste) (…) »

 

Désamorcer la justice comme exactitude, et la scène comme procès achevé du drame. Relancer la machine théâtrale, et exhiber, mettre en jeu ses rouages.  La justice c’est commencer par la fin, filmer les spectateurs et charger une comédienne de parler à leur place, en donnant un avis sur le spectacle qui n’a pas eu lieu. Mise en branle des formes de discours qui visent à rendre justice de la pièce, de la convention sociale de « l’avis » , « l’avis sur ce qui a été vu ». Faire tourner cette machine des discours à blanc, c’est moins l’interdire, l’annuler qu’exploiter la mise en scène du théâtre qu’ils impliquent, et ce au delà de toute bonne volonté, application au bien dire/maudire. Souligner cette possibilité que le discours porté sur la pièce la devance, lui est antérieur. Alors la scène exploite la diversité des modalités qui la constitue et par lesquelles elle tient le lieu-dit du théâtre.

 

« Je veux le monde entier parce que rien n’est fondamental »

 

Rien n’est fondamental, alors sur scène plusieurs réalités peuvent se mêler. La scène s’aligne sur le leitmotiv de la Tempête. Les coulisses empiètent sur le plateau, les disputes,et petites querelles de pouvoir sont jouées, la scène du même coup n’est jamais un seul processus, mais une succession de tentatives. On entre dans la tempête par un immense écran, une tempête en images. L’image est travaillée par des effets, par des couleurs, par d’autres formes que celles qu’on aurait en tête d’une mer déchaînée. Ces éléments qui composent l’image provoquent une tempête et travaillent ainsi à un dérèglement de l’image : de dramatique, le motif devient plastique. Mais dès lors que ce processus s’installe et devient structurant, un autre comédien relance le spectacle en défaisant l’illusion théâtrale. En revenant à l’enjeu présent de la scène, de qui tire les ficelles? qui tient les rennes ?

 

« Rendre visible est un piège » (…) « Injecte plus de grammaire, (…) les choses ne méritent pas d’être montrées »

 

Le pouvoir de rendre visible et la conscience que le visible ne rend justice d’aucune réalité. A savoir qu’il n’y pas d’image juste, de cadrage juste. Alors le collectif s’engage dans une dépense des images et des scènes de représentations, dépense minutieuse et très réglée. On passe d’une scène de shooting, à un plateau de cinéma, à un clip, et c’est par cette succession de différentes façons d’organiser l’espace de représentation, par l’emploi d’un registre burlesque, excessivement parodique qui met en évidence les constructions visuelles et leurs coulisses, que le théâtre s’abolit comme lieu du visible. La Tempête devient une occasion, le drame comme occasion pour le théâtre de dépenser les façons qu’il a lui même de se constituer, d’être crédible et d’être SERIEUX !

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