Oncle Vania

Théâtre-Studio

  • Date Jusqu'au 1 décembre
  • Mise en scène Christian Benedetti
  • Comédiens Brigitte Barilley ; Florence Janas ; Judith Morisseau ; Isabelle Sadoyan ; Pierre Banderet ; Christian Benedetti ; Phillipe Crubézy ; Laurent Huon
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Ecoutez, il n’y a pas à transiger quand c’est bon, c’est bon.
Le décor est assez simple, juste ce qu’il faut pour nous plonger dans la désuétude de cette maison de paysans : une table, des chaises basiques, un beau samovar en argent sur lequel trône une théière en porcelaine blanche. Le décor s’inscrit lui-même dans les murs du Théâtre Studio qui par leur décrépitude installent une atmosphère propre aux langueurs d’Oncle Vania.

 

Le parti-pris le plus évident est le débit de parole des comédiens qui est proche de celui du rythme de la pensée. Un rythme très soutenu donc qui surprend d’abord surtout dans une pièce de Tchekov à qui on assigne le plus souvent une lenteur assommante. Mais ce rythme, quoiqu’il apparaisse presque d’abord comme un exercice de de comédiens, devient bientôt envoutant. Les comédiens y évoluent avec tant de justesse et défendent si bien la pensée de leur personnage qu’on est tout simplement captivé par leur parole. Le débit est si rapide qu’il requiert chez le spectateur une concentration surprenante si bien que le spectacle passe en un clin d’œil. On voit les actes se faire et se défaire sous nos yeux dans une sorte d’intimité avec le texte fort réjouissante.

L’autre avantage de ce débit de parole rapide est qu’il restitue la qualité de silence propre à Tchekov. Les comédiens évoluent dans la pièce d’une pause à l’autre si bien que les silences lorsqu’ils existent sont de vrais silences et même des silences des corps  puisque les comédiens se figent littéralement dans leur silence. On est donc loin d’autres mises en scènes où les répliques, vérolées de courtes pauses,  en font oublier ce qu’est un vrai silence. Ici les personnages parlent d’une traite quand ils ont une chose à dire et se taisent ensuite.

 

Par ailleurs chaque comédien défend parfaitement son rôle si bien que, tel que l’aurait rêvé Tchekov, il nous est presque impossible de préférer l’un à l’autre. Tous apparaissent troublants d’humanité et de sincérité.

 

Une pièce où le rire domine dans la salle. L’absence de pathos nous révèle tout le cocasse qui émaillent de nombreuses situations de la pièce. Partant, les moments profondément tristes en apparaissent d’autant plus tristes. Le réquisitoire de Vania à Alexandre, par exemple, viendrait presque nous faire pleurer.

 

Donc écoutez, une mise en scène simple, efficace, un parti pris de parole très juste et qui sert de moteur à la pièce. Des comédiens qui jouent très proche d’eux-mêmes. On rit, on pleure, du Tchekov très justement monté.

 

A voir absolument.

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