J’avance et j’efface

  • Date Du 8 au 24 novembre 2012

Avez-vous vu le film de Christopher Nolan, Memento ? J’avance et j’efface s’appuie sur le même principe, la violence en moins, puisqu’il s’agit d’un spectacle pour tous à partir de huit ans. Stirs a eu un accident lorsqu’il avait neuf ans ; depuis, sa mémoire s’efface toutes les trois minutes, tout ce qui lui est arrivé depuis son accident disparait, et cet homme poisson rouge devenu adulte vit dans un perpétuel état de découverte et d’émerveillement. Comme le héros de Memento, Stirs a un tatouage qui l’aide à se souvenir du repère essentiel de sa vie qu’il passe désormais au Japon, loin de ses parents et d’un environnement qu’il aurait pu voir se transformer sans  : « Asaki, c’est ma nourrice, je l’aime bien ».

 

L’action se déroule au Japon, où les parents de Stirs l’ont envoyé afin de lui épargner le choc de la perpétuelle transformation de son environnement. J’avance et j’efface a le mérite d’une scénographie élaborée mais épurée, évoquant sobrement l’univers du Japon. L’autre grande réussite de ce spectacle réside dans sa pluridisciplinarité, l’utilisation de la vidéo, de la musique (jouée en live par l’énergique Camille Trophème) et surtout du dessin, de la peinture à l’encre de chine réalisée elle aussi directement sur scène par Shih Han Shaw. Cette multitude de médias tient toute la dynamique d’un spectacle qui manque par ailleurs d’une vraie bonne histoire pour tenir en haleine le public. Le concept de l’amnésie est longuement expliqué et exploité par la musique et le dessin, mais l’histoire n’avance pas plus que les personnages et la pièce est finalement très statique et illustrative. Mis à part la sortie de Stirs allant acheter des fleurs pour sa nourrice Asaki, il ne se passe pas grand chose … et l’on finit par trouver le temps long.

 

Un dernier mot pour la scène finale : Stirs n’a pas conscience du temps qui passe, pourtant ses parents vieillissent et décèdent, et lui même qui se croit toujours enfant devient un vieillard impotent. La dernière scène est celle de sa mort. Réaction spontanée d’un jeune spectateur : « mais, pourquoi ça finit comme ça ? ». On reste donc sur sa faim.

 

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