« Carte blanche » – Mains nues

Théâtre aux Mains Nues

  • Date 18 Octobre 2012
  • Urban marionnette, Cie StultiferaNavis Alessandra Amicarelli et Julie Linquette
  • Vané, Cie Collapse Clément Peretjatko
Sans titre

 

La soirée « carte blanche » du théâtre aux mains nues nous a permis d’aller à la rencontre de deux formes très différentes de marionnettes, un théâtre d’ombres et la présentation d’un spectacle (en cours de création) faisant intervenir des marionnettes à taille humaine, tous les deux cependant réunis sous la thématique de l’adolescence et de l’apprentissage.

 

Urban marionnette

 

Urban marionnette, dont la première est prévue au printemps 2013 aux Mains nues, laisse déjà promettre de belles choses. Nous avons pu assister à la lecture du texte, découvrir le dispositif scénographique et entrevoir quelques extraits vidéo de la création. Ce projet intègre des marionnettes d’adolescents dans la ville contemporaine, laquelle est donnée comme un espace à la fois quotidien et universel. Le spectacle se déploie à partir de la logique cartographique d’un réseau de lignes qui nous a été projeté. On pense immédiatement reconnaître les lignes de métro parisiennes mille fois parcourues en tous sens, sauf qu’ici, les stations habituelles ont été remplacées par une sélection de notions qui tentent de redéfinir le rapport des adolescents à l’espace urbain, avec toutes les interrogations et les préoccupations que suscite son évolution. Le texte voyage de notion en notion, prend un temps d’arrêt court mais essentiel pour mettre en relief chacun d’entre-elles. Urban marionnette plonge en profondeur dans ces nervures, les revitalise, et fait rejaillir en surface l’étendue de ces lignes souterraines qui unissent les adolescents à l’échelle du monde entier.  Quant aux marionnettes elles-mêmes, nous n’avons pas assisté directement à leur manipulation hormis à travers des extraits vidéos, mais elles nous sont apparues à plusieurs reprises sur le plateau, et l’intensité de leur présence à travers ces seules apparitions – le trouble résultant de leur réalisme et de la délicatesse de l’ensemble– ne peuvent que nous faire désirer les rencontrer pour de bon au printemps prochain. A suivre !

 

Vané

 

Bien que cette pièce ait été écrite en 1943 pour le théâtre d’ombres, c’est la première fois que nous avons la chance de la découvrir sous cette forme. Son auteur, le poète et dramaturge croate Radovan Ivsic, a longtemps été l’ennemi des oustachis puis du régime titiste en Yougoslavie avant de venir vivre en France. Mais Vané, pièce courte et dépouillée, s’élève dans sa bulle enfantine et essentielle au-dessus des clameurs. D’un geste, elle trace l’histoire d’un petit garçon qui n’obéit qu’à une seule ligne de conduite : les chemins que lui font emprunter son imaginaire, et par-delà, sa liberté. Vané n’a pas de cesse de s’enfuir de chez lui, laissant l’écho des appels répétés de ses parents se perdre dans le vide. Un jour, il rencontre une fleur dont il est le seul à entendre la voix, elle lui demande de prendre soin d’elle en échange de vœux qu’elle a le pouvoir d’exaucer, puis se transforme en une véritable jeune fille, mais Vané recule devant tout ce qu’elle pourrait lui offrir, la laisse disparaitre et reprend le chemin de ses rêveries libres. Les personnages de ce spectacle, dessinés par des fils de fer, répondent à l’épurement de cette pièce. Ce théâtre d’ombre se retient comme un poème.

 

> Vané a déjà bien tourné en France, il a notamment été programmé au Printemps des poètes de Montpellier. Le 24 Novembre, vous pourrez le retrouver à la bibliothèque Buffon du 5ème arrondissement. L’entrée est gratuite sur inscription.

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