Après la fin

Théâtre de la Cité Internationale

  • Date 02 au 14 Mars 2020

Théâtre de la Cité Internationale

  • Date  02 au 14 Mars 2020
  • Texte : Denis Kelly
  • Mise en scène : Maxime Contrepois
  • Dramaturgie : Olivia Barron
  • Son : Baptiste Chatel
  • Costume : Joana Gobin
  • Lumière : Sébastien Lemarchand
  • Scénographie : Margaux Nessi
  • Vidéo : Raphaëlle Uriewicz
  • Régie générale : Solène Ferréol
  • Avec : Elsa Agnès, Jules Sagot

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Sur la scène du Théâtre de la Cité Internationale, Elsa Agnès et Jules Sagnot jouent les rôles de Louise et Mark qui viennent de survivre à une explosion nucléaire et se réfugient dans un abri anti-nucléaire construit par Mark. La survie dans un milieu hostile est le thème principal qui est abordé dans Après la fin.

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Un décor imposant, fait de murs et de peu de mobilier, laisse deviner une salle de bain, des chaises et une malle. Cet espace est en fait un abri anti-nucléaire. Un homme, Mark, porte une femme, Louise, inconsciente. Isolés et confinés, on découvre que Louise et Mark se connaissent peu et doivent cohabiter ensemble pour leur survie.

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L’intrigue démarre sur des bases aussi solides que le décor. Mark est aux petits soins pour Louise, il s’assure que tout le monde puisse vivre correctement en faisant avec les moyens mis à disposition. il prépare même des rations pour les jours qui arrivent, s'investit pour Louise puisse retrouver la forme. Les échanges sont même parfois très drôles avec le décalage de la situation. Et pourtant, c’est une  descente aux enfers que vivent les personnages au fur et à mesure que la nourriture et l’eau, se font de plus en plus rares.

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La pièce est constituée de plusieurs scènes courtes qui s'enchaînent. Elles sont entre-coupées par une plongée dans l’obscurité la plus totale de la salle et de la scène. On réalise ainsi que l’histoire s’assombrit, les relations entre les personnages se dégradent de plus en plus. La descente aux enfers, progressive se transforme en cercle vicieux. Les lumières sont souvent tamisées, ce qui rappelle que dans un abri anti-nucléaire, il n’y a pas d’ouverture sur l’extérieur et les conditions de vie sommaires. Il y a un également un écran qui est utilisé soit pour projeter les actions d’un comédien, nous avons alors un décalage dans le temps et dans l’espace. Ce décalage est accentué, un peu plus tard dans le spectacle, avec la diffusion d’une vidéo qui n’est pas en lien avec les actions du personnage.

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Les scènes sont parfois d’une violence ahurissante et réaliste quant à la représentation du viol, de même, des échanges autour du suicide peuvent créer un réel malaise chez les spectateurs. Ce spectacle nous interroge sur ce que l’on est prêt à tolérer dans une situation de survie. Il nous rappelle que nous sommes responsables de nos actes, comme le disent les personnages, «la violence entraîne la violence» : il est difficile de répondre à la violence autrement que par la violence et, finalement, les actes commis avec une grande cruauté ne restent pas impunis puisque Mark finit en prison pour ses actes.

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Les comédiens sont bouleversants par leur engagement à couper le souffle sur scène. Il faut saluer l’audace de jouer cette pièce même si parfois c'est très dur à regarder. C’est un univers très sombre et violent qui peut choquer un public non averti.

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