Hen

Le Mouffetard - Théâtre des arts de la marionnette

  • Date Du 22 janvier au 8 février 2020 puis en tournée le samedi 15 février 2020 au Théâtre de Lempdes
© Christophe Raynaud de Lage


Conception, mise en scène et voix Johanny Bert
Manipulateurs de HEN Johanny Bert, Anthony Diaz
Collaboration mise en scène Cécile Vitrant
Musiciens en scènes Ana Carla Maza, Cyrille Froger
Arrangements Guillaume Bongiraud (violoncelle électro-acoustique), Cyrille Froger (percussionniste)
Auteurs compositeurs Brigitte Fontaine, Prunella Rivière, Laurent Madiot, Alexis Morel, Yumma Ornelle, Pierre Notte, Marie Nimier, Gwendoline Soublin
Fabrication des marionnettes Eduardo Felix
Travail vocal Anne Fischer
Dramaturge Olivia Burton
Création costumes Pétronille Salomé
Assistante costumes Carole Vigné
Stagiaires costumes Lune Forestier, Solène Legrand, Marie Oudot
Assistante manipulation Faustine Lancel
Régie générale Gilles Richard
Création lumières Johanny  Bert, Gilles Richard
Régie et création sons Frédéric Dutertre
Régisseurs Vera Martins, Simon Muller
Construction décor Fabrice Coudert assisté de Eui-Suk Cho
Administration, production, diffusion Mathieu Hilléreau, Les Indépendances
Assistant de production Baptiste Nénert

Dans la salle du Théâtre Mouffetard, les néons verts au plafond crépitent, la musique s’immisce entre les fauteuils et accueille les spectateur·trice·s. Mise en abyme habile des diktats imposés par la société à ses citoyen·enne·s, Henbouleverse les corps et frappe les esprits.


Les musicien·nne·s entrent en scène et la vedette du show aux allures de cabaret finit par apparaître, dissimulée par une bâche plastique transparente qui dévoile pudiquement quelques uns de ses beaux atours. Hen – à prononcer « Heune » -, titre éponyme de la nouvelle création du Théâtre de Romette est une marionnette en bois et en mousse aux yeux fardés, une diva impertinente à l’humour décalé, une libre créature qui subjugue et envoûte. Nommée d’après le pronom suédois « Hen » (rentré dans le dictionnaire du pays en 2015) qui désigne de manière indifférente un homme ou une femme, elle rappelle tout au long du spectacle, et ce sans ciller, qu’elle n’existe pas. Parce qu’après tout, la scène est bien le lieu des apparitions et des transformations.

Logée dans un castelet bordé de néons illuminant le plateau, elle enchaîne les numéros musicaux et dansants et se réinvente autant de fois au travers d’un corps utopique où genres et sexes se mêlent. Elle chante l’amour, mais aussi l’espoir et la liberté en empruntant à Brigitte Fontaine, Pierre Notte ou encore à Barbara. Manipulée à vue par deux comédiens (Johanny Bert, qui lui prête également sa voix et Anthony Diaz), elle déverse sur le public une verve grivoise qui charme plus qu’elle ne choque et libère plus qu’elle ne cloisonne. Elle interpelle ce dernier et l’invite à participer, à lui aussi imaginer un monde dans lequel les normes seraient mises au tapis, les différences et l’étrangeté applaudies. Mais, le rappelle-t-elle, ce n’est pour le moment qu’illusoire, et, il·elle, n’est qu’une marionnette dont les boursouflures feraient tâche au-dehors du cadre protecteur qu’offre le théâtre. Une fois sortie de scène et rangée dans sa boîte, que reste-t-il de ses rêves et promesses ?


On quitte la salle le sourire aux lèvres, avec l’envie de célébrer la diversité et convaincu·e·s que chacun·e a sa place ici-bas. Hen est un éloge jouissif au burlesque et à la vie qui tord le cou aux idées reçues et permet, de manière légère mais pas moins sérieuse, d’aborder autrement de brûlants sujets de société. 


NB : Le spectacle est proposé à certaines dates en version bilingue LSF (Langue des signes française), pour le plus grand plaisir de tous·tes.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *