Dom Juan ou le festin de pierre

Théâtre de la Cité Internationale

  • Date Du 13 janvier au 15 février

Direction Jean Lambert-wild  & Lorenzo Malaguerra

Regard associé Marc Goldberg

Adaptation Jean Lambert-wild  & Catherine Lefeuvre

Musique et spatialisation en direct Jean-Luc Therminarias

Scénographie folle de Porcelaine et de Tapisseries en point numérique d’Aubusson de Jean Lambert-wild & Stéphane Blanquet réalisées avec le soutien de la fabrique Porcelaines de la fabrique et l’entreprise Néolice.

Lumière Renaud Lagier

Costumes Annick Serret-Amirat

Maquillage, perruques Catherine  Saint-Sever

Avec Jean Lambert-wild, Yaya Mbilé Bitang, Denis Alber, Pascal Rinaldi, Romaine, ainsi que quatre acteurs /actrices en alternance issus de L’Académie de l’Union – École Supérieure Professionnelle de Théâtre du Limousin.

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Qui ne connaît pas Dom Juan, ce libertin moliéresque qui défie le ciel ? Jean Lambert Wild et Lorenzo Malaguerra pourtant nous le présente sous un jour nouveau au théâtre de la cité internationale.

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Le rideau s’ouvre sur une jungle luxuriante et psychédélique qui change de couleur au gré des éclairages, bordée à cour par un escalier en porcelaine de limoge. Dom Juan (interprété par Jean-Lambert Wild) apparaît seul sur scène, les cheveux rouges et le visage pâle. Il pourrait faire penser à un Auguste burlesque si ce n’est le pistolet qu’il tient dans sa main droite et son rire démentiel qui lui donne davantage des airs de Joker fou. La chemise à jabot, la culotte et les bas de soie nous ramènent quant à eux dans l’esthétique du 17ème siècle. On voit dès le costume que la pièce mélangera les genres et les siècles.

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Sganarelle quant à elle (oui, elle comme le féminin de son nom et incarnée par Yaya Mbilé Bitang ) est une “valette” en costume de squelette. Allégorie de la mort qui attend le libertin ? Ce n’est pourtant pas faute de le prévenir.

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Toute la pièce se déroule dans une légèreté inquiétante, qui crée comme une sorte de malaise. Comique, bouffon, Dom Juan a aussi des allures de psychopathe lorsqu’il menace de son arme toutes celles et ceux qui ne veulent pas lui obéir, et notamment les trois musiciens qu’il harcèle régulièrement, quand bien même ils transforment si brillamment la tirade sur l’éloge du tabac de la scène 1 de l’acte 1 en chanson pop-rock.

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Sganarelle est aussi la première victime du Dom : incapable de lui dire ses torts en face, inventant des maîtres imaginaires pour essayer de lui faire entendre ses reproches, elle oscille entre les plaintes et la crainte. Et pourtant, Jean Lambert-Wild et Lorenzo Malaguerra n’hésitent pas à en faire un personnage bien plus ambigüe, avide au point de massacrer le paysan qui a obtenu un louis d’or sans parjurer. Elle n’est pas le double de son maître pour rien.

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Dans cette réinterprétation moderne on croise Elvire, tantôt de blanc vêtue et encore furieuse de la déception causée par son mariage avorté, tantôt enceinte et en robe noire, tentant de faire revenir son ancien amant à la raison. Charlotte, la naïve paysanne fait aussi son apparition en robe à pois. Elle finira malheureusement pire que désavouée. Enfin, on rencontre le père de Dom Juan qui se désespère des vices de son fils libertin et tente vainement de le battre.

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Et puis enfin bien sûr, il y a le Commandeur et sa statue, qu’on ne voit pas mais que l’on devine dans une sorte de décor qui rappelle les maisons hantée des fêtes foraines. Sa malédiction mènera Dom Juan à mener un duel contre lui-même et à combattre ses propres doubles.

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Surprenante, convoquant divers esthétiques, la pièce de Jean Lambert Wild et Lorenzo Malaguerra nous permet de redécouvrir un classique autrement.

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