Variations sur le modèle de Kraepelin (ou le champ sémantique des lapins en sauce)

Le Mouffetard - Théâtre des arts de la marionnette

  • Date 2 au 19 avril 2019
  • Texte Davide Carnevali
  • Mise en scène David Van De Woestyne
  • Interprétation et manipulation Guillaume Clausse, Arnaud Frémont, Elsa Tauveron
Capture d’écran 2019-05-25 à 22.16.00

Vous n’avez pas le choix, vous devez prendre le chemin de la folie et de la démence. Profitez d’aujourd’hui car vous n’êtes pas sûr de vous souvenir d’autre chose demain. Imaginez-vous coincé pendant la Seconde guerre mondiale sans jamais pouvoir connaître la paix?
 

En 2013, David Van de Woestyne découvre le texte de Davide Carnevali dans le cadre d’une lecture. Une écriture qui l’a tout de suite pris aux tripes. Alors il monte rapidement le spectacle le temps d’un festival. Le projet reste ancré dans sa mémoire. Le temps passe et ses amis lui rappellent qu’il faut impérativement qu’il mette en scène Variation sur le modèle de Kraepelin (ou le champ sémantique des lapins en sauce). Puis une possibilité s’ouvre dans l’agenda, c’est le signe que c’est l’occasion de se lancer. Ni une, ni deux, il fait appel à la compagnie Ka avec laquelle il a déjà travaillé. Tous les membres de la compagnie ont approuvé de se lancer dans l’aventure. La linéarité chronologique du texte de l’auteur italien va être chamboulée. On va être entraîné dans la vie d’un père qui reste coincé dans la Seconde guerre mondiale à un moment qui n’a jamais existé. Son fils vient souvent auprès de lui pour provoquer des réminiscences afin qu’il garde un peu de lien avec la réalité. Il est aidée par une femme qui apparaît souvent pour donner des conseils pour/et soutenir le vieil homme. Et nous avons un lapin en fil rouge entre tous les personnages.
 
 

L’histoire peut paraître simple avec une relation père/fils face à la maladie d’Alzheimer. Mais les évènements sont plus complexes même si certaines choses au quotidien restent énigmatiques. Le titre fait référence à Kraepelin, psychiatre du XIXe siècle qui identifia la démence dégénérative. Une maladie qui engendre des pertes de mémoire. Toutefois, la société en général ne souffre-t-elle pas du même mal? Une interrogation importante pour le metteur en scène qui place la politique en toile de fond sur une Europe à la dérive. Un contexte historique dans la construction du récit qui s’accompagne de flashs mémoriels, entrecoupés de noir.L’ obscurité permet de valoriser les marionnettes créées par Catherine Hugot et notamment le double du père malade et ce surprenant lapin.Un animal qui apporte une bonne dose d’humour surtout lorsque ce dernier donne une recette pour le cuisiner tout comme lorsqu’on le voit faire une course dans l’espace vide. Néanmoins cela ne compense pas totalement le sentiment de confusion qui se fait ressentir. Où est-ce que l’on a voulu nous emmener? Qu’elles sont les messages que l’on a voulu nous faire passer?
 
 

Un véritable travail d’orfèvre sur le récit, la lumière et la mise en scène nous est proposé sans oublier la sentimentalité des comédiens. On nous guide vers les tréfonds de la mémoire où parfois le spectateur se perd dans les objectifs souhaités par les créateurs.

 

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