Accusations

Théâtre de la Cité Internationale

  • Date Du 11 au 12 avril 2019

Il y a toujours deux façons d’aborder la danse contemporaine. Soit le charme n’opère pas et on regarde alors avec perplexité ces gens qui se trémoussent sur scène pendant une heure dans un ennui infini, soit quelque chose nous touche et nous remue, bien plus que le langage. Si vous êtes plutôt du premier type, rendez-vous au numéro 2. Si vous êtes plutôt du deuxième genre, rendez-vous au numéro 1.

 

1. Accusations porte sur les accusations qu’on se fait contre soi-même, tous les jours : « je n’ai pas été capable d’aller en profondeur », « j’ai échoué à m’arrêter »… mais aussi contre la société : « on m’a appris la structure, mais on ne m’a pas appris à aimer ». En creux de ces accusations se pose alors la question suivante : qui suis-je vraiment ? Quelle est mon identité ? Quelle est mon identité parmi les autres ?

 

Le spectacle commence par une sorte de défilé de mannequins habillés de noir, signe de la superficialité et de l’homogénéité. Ils marchent tous au même rythme, le bruit de leur talons redoublant les beats d’une musique électronique lourde et forte. A chaque passage, ils s’arrêtent devant un micro pour pousser un soupir, un cri, un silence, confier un doute, un échec, chacun s’exprimant d’une manière de plus en plus personnelle. La marche commence alors à se désarticuler, à se faire moins linéaire, mais pour autant tous restent dans le même rythme. Parfois ils regardent les caméras posées sur le plateau et qui nous renvoient leur image en gros plans sur le gigantesque écran tendu sur le mur du fond. Ils s’y mirent comme dans un miroir, contemplant leur extériorité, cherchant à y découvrir leur intériorité.

 

Soudain, la mécanique se dérègle vraiment. Les danseurs quittent le plateau, se déversent dans les escaliers de la salle, puis reviennent pour se livrer cette fois-ci à une orgie de liberté qui dépasse les mots, car des derniers ne sont pas suffisants pour guérir des maux. Un danseur se met à chanter du rock à la Fever Ray, un autre entame des mouvements qui évoquent un coït. Les combinaisons noires tombent, révélant la sensualité qui déborde en chacun, comme une véritable mise à nue (au sens littéral et figuré). Enfin on peut être qui l’on veut ou du moins celui qu’on est vraiment.

 

La fureur s’apaise. Une danseuse vient nous chanter une berceuse pendant que les autres se rhabillent lentement, revenant dans la marche et le rythme du défilé de mode, avant de quitter lentement le plateau, nous laissant alors à nos propres accusations.

 

2. Accusations porte sur les accusations qu’on se fait contre soi-même, tous les jours : « je n’ai pas été capable d’aller en profondeur », « j’ai échoué à m’arrêter »… mais aussi contre la société : « on m’a appris la structure, mais on ne m’a pas appris à aimer ». Ces accusations questionnent en creux ce thème éculé qu’est celui de l’identité : qui suis-je vraiment ? Quelle est mon identité ? Quelle est mon identité parmi les autres ?

 

Le spectacle commence par une sorte de défilé de mannequins habillés de noirs, qui ne semble jamais finir. Ils marchent tous au même rythme, le bruit de leur talons redoublant les beats d’une musique électronique lourde et (trop) forte. A chaque passage (qu’on espère être le dernier), ils s’arrêtent devant un micro pour pousser un soupir, un cri, un silence, asséner une affirmation en anglais, estimant certainement que le public d’élite de la salle est entièrement bilingue. La répétition de cette première partie étire l’ennui en longueur et on se demande si la chorégraphe gardera cette disposition durant tout le spectacle ou si un vrai moment de danse est prévu par la suite.

 

Soudain, la mécanique se dérègle : les danseurs quittent le plateau, se déversent dans les escaliers, puis reviennent pour se livrer cette fois-ci à une orgie de liberté et de bruits. Entre les imitations d’une scène de coït et les cris soutenus et amplifiés par la distorsion électronique (conseil : n’allez pas voir ce spectacle si votre journée vous a déjà donné mal à la tête ou alors emportez un doliprane), on se dit qu’il manque seulement une mise à nu pour aboutir au top du contemporain, et Oh surprise ! un des danseurs finit justement par enlever sa combinaison pour se retrouver dans sa tenue d’Adam, participant ainsi aux clichés attendus de ce genre de spectacle. Sans compter les caméras présentes sur scène, qui donnent un aspect résolument technologique à l’ensemble.

 

La fureur s’apaise enfin. On se dit que la fin est proche. Aussi, lorsqu’une danseuse vient nous chanter une berceuse, on se sent plus énervé qu’apaisé. Les danseurs se rhabillent et viennent reprendre le rythme du défilé de mode, avant de quitter le plateau, nous laissant alors à nos propres accusations (sur la danse contemporaine).

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