Manifeste (nous n’avons plus d’histoires à raconter)

Le Monfort

  • Date Du 2 au 6 avril 2019
  • De et avec : Arnaud Saury et Olivier Debelhoir
  • Coach équilibres : Alexandre Denis
  • Création lumière : Nils Doucet
  • Son : Thomas Ridard
  • Menuiserie : Baptiste Noble
Manifeste

Allez voir un spectacle de cirque relève désormais de la surprise. Nous sommes dorénavant bien loin des clowns au nez rouge, des trapézistes ou des voltigeurs à cheval et bien plus près de la performance, comme dans Ruine, par exemple. C’est encore une surprise, un art du cirque revisité que nous propose le Monfort pendant cette soirée double, avec la compagnie MMF et leur spectacle Manifeste (nous n’avons plus d’histoires à raconter) et le collectif Porte 27 avec Autour du domaine.

 

A l’entrée dans la salle, deux hommes observent et commentent l’installation des spectateurs : le comédien Arnaud Saury et le circassien Olivier Debelhoir. Le plateau est sobre, si ce n’est des planches de bois disposées un peu partout. Nous sommes loin du cirque traditionnel, mais nous en retrouvons les codes. Si les deux artistes ne portent pas de nez rouges, ils commencent néanmoins leur spectacle par des clowneries qui font rire le public.

 

On passe ensuite à la performance physique. Pas de funambulisme de haut vol, pas d’agrès traditionnel, et pourtant il s’agit bien d’un exercice d’équilibriste nécessitant finesse et précision : Arnaud Saury et Olivier Debelhoir ont pour objectif de traverser la salle sur un chemin de planches qu’ils construisent au fur et à mesure. Ils en suppriment donc certaines pour les reposer plus loin, à mesure qu’ils se déplacent, sapant leur base, se mettant en difficulté, comme une tour de Jenga à la stabilité précaire.

 

Tout au long de ce trajet, les deux hommes se parlent. Du moins, Arnaud demande à Olivier de lui parler, pour le rassurer. L’échange porte à la fois sur la façon de trouver son équilibre, mais il se fait aussi léger et drôle, notamment lorsque Arnaud demande à Olivier de chanter une chanson française et que la discussion tourne à l’analyse de Joe Dassin. Ainsi, on voit le spectacle se construire au fur et à mesure, exhiber ses fondations, comme un manifeste qui parle de son art.

 

Les 40 minutes de spectacle passent vite, il est facile de se laisser porter par le dialogue des deux artistes et leurs gestes lents et minutieux. On appréhende leurs difficultés, on se réjouit de voir qu’ils les surmontent. Une nouvelle forme de cirque comme on les aime !

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