Les Carnets de Harry Haller

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  • Date Du 30 mars au 09 juin 2019
  • Théâtre Le Guichet Montparnasse
  • Mise en scène Jean-Christophe Barbaud
  • Interprétation Frédéric Schmitt
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Faisons la connaissance de Harry Haller, écrivain en panne d’inspiration qui déblatère contre son existence, sans réelle vocation. Révolté contre l’absurdité de la vie, il quitte son domicile pour vivre sa première épopée nocturne dans une ville agitée et envoûtante. Dans ce parcours initiatique, mi-réel, mi-fantastique, Harry tente alors de se reconnecter au monde.

 

Dans un seul en scène, le comédien Frédéric Schmitt incarne ce personnage désabusé, retraçant fidèlement les premières pages avant l’oeuvre de Hermann Hesse Les Carnets de Harry Haller. Seuls, un pupitre, un livre, ainsi qu’une paire de lunettes l’accompagnent. Confronté à lui-même, il nous invite à traverser avec lui sa quête de la vérité afin de lutter contre son double qui lui indique tout bonnement de quitter cette vie rangée et insipide. Nous embarquons alors vers une aventure nocturne où nous suivons Harry dans sa reconquête d’une jeunesse perdue, oubliée, grâce à quelques éléments tels que un verre de vin, un mur, une pluie, une musique.

 

Nous ne pouvons qu’être sensible à ce texte criant de vérité, qui laisse entrevoir un personnage se livrant à une bataille sourde contre d’inévitables contradictions. Cette révolte nocturne et éphémère attise en lui des ripostes à l’égard de cette existence sans but véritable. Le comédien nous submerge grâce à une diction impeccable et une voix posée. Malgré une technique de jeu maitrisée tant bien dans l’élocution que dans la prestance, le comédien est tantôt incarné par le personnage, tantôt engendre une distanciation vis à vis du rôle, déroutant ainsi les spectateurs qui perde le fil de cette odyssée.

 

Dans une salle très petite, donc très intime nous voyageons avec ce personnage qui a tant à nous dire, nous l’écoutons, nous le comprenons, le tout dans une mise en scène qui se souhaite très minimaliste. Or les moyens scéniques sont employés tardivement et de manière accélérée dans la représentation. L’espace qui se souhaite initialement vide débute avec pour seul élément, le comédien puis les saynètes sont complétées succinctement avec une voix off, des musiques diverses et des jeux de lumières invitant à découvrir d’autres espaces. Ces usages scéniques retirent une certaine fluidité et nous pouvons parfois perdre pied dans le récit.

 

Nous percevons bien que le comédien déclame avec appétence cet écrit mais certains moyens scéniques coupent alors la narration, ce qui ne permet pas de nourrir cette pièce qui souhaite être une véritable expression d’un homme luttant contre une existence piégée et souhaitant jouir de ses mouvements, de sa liberté tant refoulée.

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