La Tour de la Défense

  • Date

-De Copi
-Mise en scène de Marcial Di Fonzo Bo
-Du 29 mars au 23 avril 2005
-MC93 de Bobigny
Marcial Di Fonzo Bo et Copi, c’est une histoire qui dure. Elle a commencé en 1999 au TNB déjà, où le premier traçait le portrait du second à travers un montage de ses textes : « Copi, un portrait » dont « Eva Peron », qu’en 2001 il a mis en scène au Chili, puis tourné en Europe.

Depuis, il rêve de « La Tour de la Défense », pièce rarement jouée. On pourrait croire que Copi s’est amusé à prendre des personnages de Boulevard américain psychologique, à leur faire traverser des situations de vaudeville énormes : “Un vaudeville moderne, dans un espace design fonctionnel et propre. Une tour des solitudes” Le tout avec un chic de bourgeois branché. Des Yuppies comme on disait alors, car l’histoire se passe le 31 décembre 1977. Mais des Yuppies passés à la moulinette de son humour tordu. Entre le couple d’hommes subissant les effets de l’usure, la mère meurtrière défoncée, son ex-mari new-yorkais paumé, le transsexuel parano-mythomane, Ahmed, le fin cuisinier beau comme Dieu lui-même, les comédiens ont de quoi faire galoper leur imagination. Quant au metteur en scène, à seulement en parler, déjà il y trouve du bonheur.

“L’intérêt, le comique, viennent si les situations les plus abracadabrantes sont jouées dans un style des plus réalistes, en tout cas comme si elles étaient des plus normales. Le rythme de l’écriture les entraîne aux frontières du possible. Mais nous restons fidèles à Copi, à son élégance, à la sobriété des dialogues qui semblent écrits pour le cinéma.

Ici, tassés dans un appartement moderne au treizième étage d’une Tour de la Défense, les personnages assistent à un incendie généralisé. Non pas que, porté par un anti-américanisme fiévreux Copi ait deviné le 11 septembre.

“Il disait préférer les dessins aux bombes, avec la naïveté du dessinateur, qui, plaçant un tout petit escargot au pied d’un bâtiment immense, se dit : c’est tellement haut qu’un jour un avion va s’y prendre les ailes. Mais dans la pièce, il s’agit seulement d’un hélicoptère !”

Au delà de cette apocalypse loufoque, les personnages, aussi déjantés soient-ils, sont riches d’une formidable densité tragique.
Chacun vit un parcours semblable, comme si dans la tour ils montaient, montaient sans savoir jusqu’où ils pourront aller sans chuter. Et en tout dernier recours, Copi fait dire au transsexuel à qui, dans la lumière d’une explosion apparaît Ahmed : “Parfois Dieu arrive si soudainement”.

{http://creations.theatre-des-lucioles.net/defense/presentation.htm}

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