TRTFF What can I do to make you love me?

Théâtre de Vanves

  • Date 14 février 2019
  • Ecriture et interprétation Elise Lerat, Quentin Ellias, Stéphane Menti, Marion Thomas, Marc Tetedoie et Tamaïti Torlasco
  • Mise en scène Colyne Morange
  • Dramaturgie Heike Bröckerhoff
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Comment montrer le meilleur de soi-même ? Comment prouver notre valeur et nos capacités ? Faut-il se montrer fort ou afficher quelques faiblesses ? Y a-t-il de bonnes réponses à ces questions?

 

Un par un, les comédiens viennent sur scène. Ils s’observent. Ils se jaugent. Leurs regards se veulent interrogateurs les uns envers les autres. Peut-être que les réponses à leurs questions se trouvent sur la scène? Mais ce n’est pas le cas. Alors des rires gênés se font entendre. Pour meubler l’espace vide, ils se mettent à sauter, bondir, se jeter par terre… Les uns essaient d’imiter les autres en proposant un petit quelque chose en plus. Une rivalité se met en place. Tout se déroule face au public, comme si les personnages attendaient une réaction de sa part. Puis ils prennent la parole. Ils parlent de leurs compétences, de leurs centres d’intérêt, de leur courage… D’ailleurs, chacun va dans la surenchère. Une femme ira jusqu’à se mettre presque à nu au sens propre comme au figuré. Elle ne veut rien cacher. Est-ce que cela sera suffisant? Ils attendent un signe pour savoir ce que l’on attend vraiment d’eux. La situation stressante commence à les déstabiliser. Ils parlent alors de leurs faiblesses, de leurs doutes, de leurs blessures… De nouveau, ils interpellent ceux qui les ont fait venir. Que veulent-ils savoir? Que cherchent-ils?

 

Un silence pesant s’installe petit à petit au sein de la salle. La timidité, les incertitudes, la peur, la solitude jouées par les comédiens se fait ressentir. Des regards et des rires gênés s’échangent également entre spectateurs. Des regards et des rires gênés s’échangent également entre les spectateurs, qui doivent faire aussi face au silence sur le plateau, à cette esthétique de ratage. Une sensation désagréable qui rappelle forcément une situation déjà vécue et qui ne peut laisser personne indifférent. D’ailleurs, certains spectateurs n’hésitent pas à interloquer les artistes : « Qu’est-ce que vous attendez de nous? « , « Vous êtes en répétition? ». Mais chacun reste dans la peau de son personnage. Quand la parole se fait entendre à nouveau, on passe du mensonge pour se vendre à la vérité sombre de soi-même. Une frontière obscure que beaucoup maintiennent dans leur vie. Alors quand pouvoir être soi-même en affichant aussi bien nos forces et nos faiblesses? Est-ce possible, d’autant plus dans une société aussi compétitive qu’actuellement ? Au final ne sommes-nous pas tous des imposteurs? Le titre, qui fait référence au « Tartuffe » de Molière, aurait tendance à nous dire que oui.

 

Un étonnant cafouillage organisé qui saura marquer le spectateur. Celui-ci ne pourra en ressortir indemne sans se poser des questions.

 

 

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