Devant le son – théâtre immersif techno

Théâtre de Verre

  • Date Les 25 janvier, 14, 15, 27 février et 1er mars.
  • Auteur Loïc Braunstein
  • Metteur en scène Laurent Domingos
  • Scénographe et chorégraphe Céline Pradeu
  • Musique DJ Little Tune
  • Grapheur - Graphiste GR Proze
  • Coordination Sabine Courmont
  • Administrateur et producteur Loïc Bonimare
  • Production Compagnie MINUIT44 et COMPAGNIE DEUX CROCHES RONDES
  • Avec Pauline Cassan, Matthieu Kassimo et Laurent Domingos
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PHOTO GUILLAUME DE REMUSAT

 

Cette expérience immersive au Théâtre de Verre à partir de textes de Loïc Braunstein entreprend un rapport au public novateur en relation avec l’ambiance de la rave party, mettant en espace une parole poétique en adéquation avec la fibre sensorielle de la musique techno.

 

L’expérience commence dès l’attente devant la salle de cette rave théâtrale. Les comédiens nous distribuent des manteaux uniformes tâchés par quelques traits de peinture et un masque afin de gommer les traces de nos individualités, pour nous faire fondre dans la masse unie et anonyme d’un concert. L’ambiance de rébellion organisée est alors par la suite exacerbée lors de notre entrée en salle, par le biais des paroles de ralliement proférées par les trois comédiens perchés sur une structure serpentine qui occupe le centre de la pièce. En commençant leur narration à trois voix, ils cherchent à communiquer leur transe physique liée aux rythmes technos en ressassant des mouvements chorégraphiques répétitifs. La nature de transe individuelle à travers la constitution d’un collectif, sensation typique lors d’un concert, est quant à elle astucieusement figurée par la « musique intérieure » de chaque personne du public. L’auditoire accompagne les rythmes sourds de la musique par les boules shaker qu’on lui a distribué. Le dispositif de la rave party est donc ici intelligemment théâtralisé puisque l’anonymat dans la transgression des codes du monde quotidien du jour crée un nouveau rapport propice au lâché-prise entre les personnes du public.

 

Même si les textes de Loïc Braunstein réussissent à transmettre l’expérience sensorielle et intime d’appartenir à une foule de rave party sans tomber dans un lyrisme excessif dans la narration de cette expérience, le spectacle a cependant quelques difficultés à trouver son impulsion propre en son début. La transe que cherchent à transmettre les comédiens depuis la structure métallique peine quelque peu à s’innerver dans le public faute de proximité et à cause d’un texte submergé par la puissance de la bande-son. L’habilité de DJ Little Tune réussit à emporter le public dans sa danse électronique vers la fin de cette première partie. Le spectacle trouve par la suite sa particularité poétique par rapport à l’univers de la rave, les comédiens confiant au sein du public des expériences de concert dans un environnement doucement coloré nappé d’une électro ambient. Cette respiration permet alors de reprendre progressivement l’ascension vers un nouveau moment de danse collective, cette fois-ci sublimé par un partage de poudre phosphorescente et une réelle mobilisation de l’espace par le public et les comédiens.

 

Cette variation poétique autour de l’univers de la rave délivre donc de nombreuses propositions esthétiques novatrices et pertinentes dans son rapport au public, maitrisant les codes spectaculaires du concert pour une expérience sensorielle originale.

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