Revoir Lascaux

Théâtre Nanterre-Amandiers

  • Date Du 14 au 18 février 2019 avec la saison Jeune Public de la ville de Nanterre
  • Conception et récit Gaëlle Bourges
  • Danse, maniement des objets, chant Gaëlle Bourges, Arnaud de la Celle, Abigail Fowler, Stéphane Monteiro
  • Musique XtroniK
  • Lumières Abigail Fowler
  • Fabrication de la grotte et des masques Gaëlle Bourges, Arnaud de la Celle, Abigail Fowler, Stéphane Monteiro
  • Fabrication des images tournantes Arnaud de la Celle, Abigail Fowler
  • Conception des masques Wintercroft
  • Couture de la grotte Cédrick Debeuf assisté de Haruka Nagaï et Lucile Brault
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PHOTO DANIELLE VOIRIN

 

Avec Revoir Lascaux, Gaëlle Bourges fait redécouvrir l’étrangeté inédite de la découverte de la grotte de Lascaux dans les années 1940, à travers un habile mélange de technologies et de techniques artisanales de projection.

 

Le point de départ de ce récit en forme de déploiement d’un univers merveilleux dans l’espace scénique est un objet banal simplement éclairé par une lumière blafarde, une tente de camping dans laquelle se trouvent les quatre amis protagonistes de la découverte. Un premier objet sort de la tente pendant que la narratrice raconte le contexte troublé de l’histoire. Une figurine de lapin annonce l’entrée progressive dans le domaine de l’irréel à partir d’éléments familiers. Est ainsi figurée la constitution d’une nouvelle mythologie scénique pour mieux transmettre celle de la Préhistoire et actualiser son approche devenue trop banalisée par la très grande documentation.

 

L’esthétique immersive de la pièce développe effectivement des images quasi-abstraites et primitives à partir des ombres de figurines d’animaux. Le mouvement circulaire de ces projections sur les murs incurvés de la caverne de carton fait revivre poétiquement la vivacité des peintures et la stupéfaction des quatre explorateurs devant cette dernière. Les quatre compères se laissent alors gagner par la transe ludique de la découverte à travers la danse, qui sert ici à transmettre le lâché-prise festif de la découverte après l’inquiétude de la recherche à travers des gestes référencés populaires comme la danse de célébration d’Antoine Griezmann. Ces mouvements chorégraphiques « quotidiens » permettent donc de partager de façon ludique et spontanée la communion des quatre amis devant leur choc esthétique.

 

Cette volonté de créer une atmosphère intimiste et mystérieuse par l’aspect englobant et artisanal, et donc profondément humain, de la grotte permet alors de créer une douce fascination chez le spectateur plutôt que de le faire basculer de l’angoisse de l’obscurité. Gaëlle Bourges et son équipe réussissent donc par un fin travail d’ambiance à rendre palpable le mélange d’inquiétude et d’émerveillement que suscitent les explorations historiques et esthétiques, en construisant une hybridation astucieuse entre techniques numériques et artisanales pour nous redécouvrir l’impact de l’histoire de l’art.

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