Le doux, le caché, le ravissement

Autres théâtres

  • Date Du 10 au 19 janvier 2019
  • Direction artistique, conception musicale, Méta-Instrument Serge de Laubier
  • Mise en scène Jean-Louis Heckel
  • Texte et conception dramaturgique Jean-Louis Heckel, Serge de Laubier, Catherine Hospitel
  • Jeu Cyrille Bosc
  • Scénographie et sculptures Catherine Hospitel
  • Lumière Philippe Sazerat
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C’est avec plaisir que j’ai découvert La Nef-Manufacture d’utopies, petit espace de l’est parisien dédié au spectacle vivant. Vivant comme ce spectacle hybride orchestré par le très sympathique et passionné Jean-Louis Heckel et conçu par Serge de Laubier.

 

« Le doux, le caché, le ravissement » est une exploration poétique autour de la main, un questionnement sur l’intelligence du bout des doigts et sur le temps de l’instant. Installé dans des transats vibrants au cœur d’un dispositif sonore et visuel immersif, le public est invité à s’abandonner à une expérience sensorielle inédite.

 

Alors que nous attendons de pouvoir pénétrer dans la salle, Jean-Louis Heckel nous interpelle : ici débute une exploration intemporelle du doux, du caché, du ravissement. A l’image de nos ancêtres 37000 ans plus tôt, premières traces d’expression artistique découverte dans une grotte des Pyrénées, nous sommes invités à notre tour, un à un, à apposer notre main sur une fresque holographique, une voûte céleste pour l’éternité que nous pouvons contempler une fois avoir pris place dans un transat muni d’un capteur sensoriel et d’une veilleuse.

 

A travers 3 thèmes transversaux (le doux, le caché, le ravissement), les 3 actes de cet opéra interactif, les facultés et les secrets de la main nous sont dévoilés. Convoquant Shakespeare, Victor Hugo, la philosophie de Winnicott, la musique de Bach ou de Sibelius, tout autant que des textes, des vidéos et des compositions inédites (peut-être trop peu présentes), Serge de Laubier et Jean-Louis Heckel dessinent une symphonie de couleurs, de mots et de sons, à quatre mains.

 

« Le doux, le caché, le ravissement » est un hommage à ce que les mains racontent. De la main amoureuse qui caresse, à la main bâtisseuse qui façonne, la main rebelle qui se fait plus violente, les mains trahissent. Elles façonnent, sculptent, manipulent. Elles caressent, s’enflamment, vibrent, se crispent, se révoltent, se joignent, prient, se posent.

 

La durée du spectacle (1h) empêche de laisser s’installer l’impression de déjà vu qui, malgré l’originalité du concept, commence à poindre. La volonté constante de faire du spectateur un créateur de l’œuvre est en revanche très agréable tant Jean-Louis Heckel semble passionné. Il cherche avant tout à nous faire partager cette œuvre, en un sens héritière du pionnier François de Roubaix, nous y faire participer, nous la transmettre, pour qu’à son tour, comme 37000 ans plus tôt, elle entre en symbiose avec l’humanité des hommes.

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