Chambre noire

Autres théâtres

  • Date du 12 au 16 décembre 2018
  • Mise en scène Yngvild Aspeli & Paola Rizza
  • Jeu et manipulation Yngvild Aspeli
  • Percussionniste Ane Marthe Sørlien Holen
Chambre Noire ©Benoit Schupp - Web

Bang, Bang, Bang… Voilà le bruit des balles de colt tirées sur Andy Warhol. Derrière ce geste, une femme : Valerie Jean Solanas (1936-1988), de qui la compagnie Plexus Solaire nous livre le portrait d’une fulgurance saisissante.

 
 

Dès les premières minutes, la compagnie Plexus Solaire nous emmène dans l’univers mental et sombre d’une femme perdue. Valerie Jean Solanas se meurt dans un hôtel minable de San Francisco. Couchée dans son lit, elle tousse et tombe dans les nuées d’un mauvais trip à l’héroïne. C’est depuis cette chambre noire que la comédienne et marionnettiste norvégienne Yngvild Aspeli donne vie à sa marionnette de taille humaine lui prêtant tantôt sa voix tantôt son corps. Elle et son clone fusionnent et se dédoublent selon les circonstances. Un jeu trouble où l’on ne se perd jamais et où l’on regarde de avec admiration les personnages devenir vivants. Les différents visages de Valerie parfois dérangent et/ou surprennent comme cette femme araignée aux huit jambes, pin-up désarticulée proposant des poses obscènes, petite fille terrorisée dont le corps se démembre, un combat avec Andy Warhol…

 
 

Pendant une petite heure qu’on voudrait voir durer plus longtemps la vie de Valerie Jean Solanas se dévoile sous notre regard à partir du par le roman de Sara Stridsberg, La Faculté des rêves. Les flashbacks se succèdent au gré des souvenirs mis délicatement en scène par des jeux de rideaux amovibles et des projections. On rencontre sa mère absente Marylin, son père abusif et Warhol lui-même, l’homme qu’elle a essayé de tuer avec une arme à feu à la Factory. Irrévérencieuse, provocatrice, inadaptée, cette prostituée, licenciée en psychologie se fait connaître  pour vendre son célèbre manifeste féministe radical « SCUM Manifesto », dont l’acronyme signifie « Society for Cutting Up Men ». La colère qui se mélange au désespoir est valorisée par les sons électroniques joués sur scène par Ane Marthe Sørlien Holen. Dans la noirceur une touche d’humour est toutefois apportée pour dédramatiser des  actes sordides.

 
 

N’hésitez pas à vous plonger dans cette atmosphère de folie et de traumatisme. Vous allez ressortir de la salle conquis, ravi d’avoir vécu une expérience singulière et étonnante.

 

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