Métropole

Théâtre de la Reine Blanche

  • Date Du 13 décembre au 30 décembre 2018
  • Texte et mise en scène Vincent Farasse
  • Avec François Clavier + Ali Esmili + Laure Giappiconi + Ève Gollac + Gaëlle Héraut + Aymeric Lecerf
  • Scénographie Jean Gilbert-Capietto
  • Lumières Nathalie Perrier
Metropole ok_0187 - min

“Dans la métropole n’est pas réuni un groupe, mais une multitude de trajectoires individuelles, qui, pour la plupart, ne se croisent pas. Chaque trajectoire est comme une case, dont l’habitant ignore les habitants des autres cases. Pourtant des liens invisibles lient ces trajectoires, qui, souvent à leur insu, s’influencent les unes les autres”, écrit Vincent Farasse, l’auteur et le metteur en scène de la pièce. Pendant presque deux heures, il nous présentera les errances de ses personnages, à la fois libres et “influencés” par les mouvements des uns et des autres.

 

 

Xavier travaille dans la Finance. Il est à la tête d’une entreprise très lucrative et souhaite que sa fille, Liane, tout juste diplômée d’une grande école de commerce vienne travailler avec lui. Cette dernière fréquente Mehdi, un étudiant en médecine sans le sous, et comme lui, elle veut s’émanciper de la bourse paternelle et gagner sa vie par elle-même. William, quant à lui, cherche désespérément un emploi, tandis que sa femme, Claire, jongle entre son métier de traductrice et son travail de strip-teaseuse. A l’étage du dessus, Latifa se lève tous les jours à 4 heures pour aller faire le ménage dans les tours de la Défense afin de subvenir aux besoins de ses jeunes enfants.

 

 

Des destinées se croisent et des mondes se confrontent au sein de cette grande ville anonyme : les thématiques sont modernes, actuelles, citadines, elles traitent du capitalisme, du travail, de la solitude, des rêves que l’on n’arrive pas à poursuivre. La pièce sait croquer des scènes du quotidien et les personnages ne nous paraissent pas si étrangers. Quel parisien ne s’est pas déjà plaint du bruit que faisait son voisin à travers des murs aussi fins que du papier à cigarette ?

 

 

Toutefois, on se sent frustrés de voir que l’auteur ne pousse pas toujours ses problématiques jusqu’au bout. Non pas que la pièce soit trop courte (1h50) : au contraire, on aurait aimé qu’elle soit plus resserrée pour tenir un certain rythme, qui a parfois tendance à s’essouffler. En outre, la pièce semble souvent stagner dans un entre deux : un peu de comique, un peu d’intrigue, un peu d’engagement politique, mais jamais suffisamment pour que l’on puisse caractériser le but vers lequel tend l’auteur. Peut-être que cette impression est provoquée par un manque de mise en scène : alors que la pièce parle de la ville, des errances, des trajets, rien sur scène ne symbolise le réseau de lieux ou le réseau de liens qui se joue dans le texte, et les déplacements, ainsi que les entrées ou sorties des comédiens, semblent plus ou moins aléatoires, sans réelle justification.

 

 

Pourtant, la pièce parle bien des changements de direction ou du maintien de cap. En effet, les personnages ne cessent de se questionner, de bifurquer, de faire marche arrière : si Liane essaye de fuir l’influence de son père, si elle quitte Mehdi pour s’essayer à une nouvelle liberté, elle finit pourtant par accepter le poste si bien payé dans l’entreprise paternelle. De même, Claire se demande combien de temps elle pourra encore travailler comme strip-teaseuse et cherche de nouvelles voies professionnelles, jusqu’à être recrutée comme traductrice dans la même société que son mari.  

 

 

Ainsi, nous avons passé un moment agréable au Théâtre de la Reine Blanche, jusqu’à ce que l’ennui se fasse un peu sentir. Le texte explore des pistes intéressantes, avec parfois une certaine poésie. Mais attention à ce que “Métropole” ne se transforme pas en “Métromolle”.

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