Kopernikus

Nouveau Théâtre de Montreuil

  • Date Du 17 au 19 décembre 2018 dans le cadre du festival Mesure pour Mesure
  • Ensemble vocal Roomful of Teeth :
  • Soprano Estelí Gomez, Martha Cluver
  • Mezzo-soprano Virginia Kelsey
  • Contralto Caroline Shaw
  • Baryton Dashon Burton, Thann Scoggin
  • Basse Cameron Beauchamp
  • Ensemble L’Instant Donné :
  • Hautbois Maryse Steiner-Morlot
  • Clarinette 1 Mathieu Steffanus
  • Clarinette 2 Nicolas Fargeix
  • Clarinette 3 Benoît Savin
  • Trompette Matthias Champon
  • Trombone Mathieu Adam
  • Violon Naaman Sluchin
  • Livret (français et langage imaginaire) Claude Vivier
  • Mise en scène Peter Sellars
  • Direction musicale des répétitions Eric Dudley
  • Danseur-chorégraphe et collaborateur de Peter Sellars Michael Schumacher
  • Dramaturge Antonio Cuenca Ruiz
  • Lumières Seth Reiser
  • Régie générale Pamela Salling
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Dans le cadre du portrait du Festival d’Automne consacré à Claude Vivier, Peter Sellars livre une représentation chorale dans un respect mystique de la partition cosmique du compositeur.

 

Ce « rituel de mort » marque le mysticisme de sa procession musicale dès l’entrée des groupes de musiciens et de chanteurs, arrivant avec lenteur en file indienne sur la scène à deux étages afin de se recueillir autour d’un homme allongé. Ce dernier est Agni, un être en attente d’être purifié par les esprits mythiques de ses rêves, tels Lewis Caroll ou un aveugle prophète. Ces derniers l’accompagnent dans sa transe initiatique et métaphysique. Peter Sellars propose une mise en scène intimiste où l’espace est divisé en deux niveaux. L’un est occupé par l’orchestre musical et quelques lampes éclairent les musiciens selon les changements d’ambiance de la partition, l’autre est dédié au corps inanimé d’Agni entouré par les membres du chœur qui chantent à tour de rôle les paroles des différents mythes oniriques.

 

L’orchestre vient à représenter l’espace mental d’Agni, lors des tentatives de mise en transe le corps du mourant par le chœur et leurs répercussions sur l’orchestre. Des tentatives d’union, d’unisson, entre l’orchestre et le chœur se développent tout au long de cet opéra, dont les grandes étapes rituelles sont marquées par le son du gong. De longs moments de veillée chantée auprès d’Agni peuvent ainsi générer un nouveau mouvement musical, signalé par des ampoules qui s’allument ou s’éteignent. L’apogée de ces tentatives d’accords entre ces deux espaces abstraits, également marquées physiquement par des intrusions de membres du chœur dans l’orchestre, se trouve alors dans un mouvement sonore crescendo commun amenant Agni dans une transe corporelle signe de son éveil spirituel.

 

La deuxième partie du spectacle, caractérisée par le réveil d’Agni, présente alors une plus forte mobilisation du corps rompant avec les postures cérémoniales parfois un peu trop statiques de la première partie, en particulier par les mouvements de danse du mutique Agni. Une fois la synchronisation réalisée entre les différentes composantes de cet univers scénique, la procession entame une gravitation autour des spectateurs puis hors de la salle, pour amener la joie métaphysique de cet éveil par la puissance communicative et immersive de la musique. Malgré l’aspect parfois assez opaque des méditations cosmiques et poétiques en langues française et imaginaire, Peter Sellars signe une représentation soigneusement structurée de ce rituel musical complexe et mystérieusement transcendantal.

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