Le temps des H+mmes

Théâtre de Vanves

  • Date 12 au 14 novembre 2018
  • Mise en scène Nicolas Giret-Famin
  • Auteur Nicolas Giret-Famin
  • Comédiens François-Xavier Borrel, Nans Laborde-Jourdáa, Alice Pehlivanyan, Magali Song et Valentine Vittoz
  • Scénographie Alix Boillot
  • Création sonore Bertrand Wolff
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L’homme biologique est en voie d’extinction. Vive l’homme l’augmenté ! Mais cette nouvelle façon de vivre rend-elle plus libre ? Les questions sur soi et sa place dans le monde sont-elles dépassées ?

 

 

Dans le cadre d’une résidence, Nicolas Giret-Famin réunit cinq actrices et acteurs : François-Xavier Borrel, Nans Laborde Jourdàa, Alice Pehlivanyan, Magali Song et Valentine Vittoz pour travailler sur le thème du transhumanisme (H+) avec en référence le film Thérorème de Pasolini. Chacun travaille au processus d’écriture et en plateau prend naissance Le temps des H+mmes, qui donnera son nom à la compagnie : LTDH.

 

Comment sera l’Homme de demain ? Voilà une question qui amène de nombreuses discussions. De nombreuses personnes pensent que l’être humain sera augmenté et ainsi affranchit des limites biologiques. Cet angle sera celui exploré dans le spectacle. Nous serons amenés à la rencontre d’une famille augmentée, composée d’une mère et de trois enfants. Pierre, le personnage principal (?), a décidé d’acheter son « home » avec un jardin et de l’aménager comme dans sa jeunesse. Un espace assez vide, dans des teintes gris bleuté où repose des coupes, des livres, un banc et des bouteilles. Tout est lié à sa période entre l’enfance et l’adolescence mais il ressent tout de même un vide. Il voudrait mieux se souvenir. Lorsqu’il pose des questions à sa mère, à sa sœur Odette où à son frère jumeau dont il est le clone, aucune réponse ne lui ait apporté. Sa mère lui fait part de son choix de se faire supprimer des souvenirs. Puis voilà que débarque Emily. Pierre n’a aucun souvenir d’elle. Pourquoi devrait-il en avoir ? Elle se fait passer pour la petite amie de Paul, même si ce n’est pas encore officiel. Cette rencontre va changer quelque chose en Pierre en quête de souvenir. Paul, chercheur en neuro-biotechnologie renommé pour ses recherches sur la mémoire et le cerveau en profite pour faire quelques tests grandeur nature. Les résultats qu’il va obtenir vont dépasser ses espérances mais il ne pourra jamais s’en rendre compte. Les déchets humains biologiques vont demander plus de travaux pour être plus opérationnels. L’humain lambda aura encore du pouvoir sur les hommes augmentés autre que les meurtres. L’avenir nous le dira.

 
L’ambiance sonore de Bertrand Wolff se veut étouffante, créant un malaise. On voit Pierre toujours souriant face à quelque chose qui ne tourne pas rond. Le décor très allégé avec cette omniprésence de bleu et de gris renforce une image futuriste dans laquelle un tabou se cache derrière le conformisme. Les touches de couleurs se trouvent derrière la baie vitrée avec du gazon vert et des cailloux en carton. On y verra des gens prendre des bains de soleil, s’embrasser et donner naissance à des ronces. Dérives humaines, imagination tordue, animations improbables, dans tous les cas nous serons projetés dans un monde assez tranchant avant de revenir à la réalité froide. Pierre n’est pas Pierre. Et derrière ses souvenirs de la mort d’un enfant se cache un psychopathe qui n’a pas pu être totalement bien réorienté. L’angoisse de l’impermanence refait surface et glace le sang.

 

 

Le temps des h+mmes est un spectacle assez singulier autour d’un secret de famille et de l’homme de demain. Attention âmes sensibles, votre réflexion risque d’être augmentée.

 

 

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