THE VELDT [LA SAVANE]

Théâtre Nanterre-Amandiers

  • Date Du 15 au 22 novembre 2018
  • Conception, scénographie et mise en scène Virginie Yassef
  • Texte D’après la pièce de théâtre The Veldt de Ray Bradbury
  • Création lumières Antoine Franchet
  • Composition sonore Charles-Edouard de Surville
  • Assistant à la mise en scène Harold Henning
  • Réalisation décors Ateliers Nanterre-Amandiers, Elodie Douguet, Marie Maresco, Ivan Assaël, Jérôme Chrétien
  • Avec Winston Alçufrom et Lara Melchiori
PHOTO JACANA-CL.P.CASTEL

Virginie Yassef nous immerge dans un dispositif sonore minutieux où l’ouïe est la porte d’entrée d’un imaginaire inquiétant, sauvage et immatériel.

 

Un son clair et diffus accueille le spectateur s’installant sous une lumière jaunie, instaurant déjà le mariage entre l’importance d’une bande-son étrange et d’un imaginaire de la savane. Le son se mue en des paysages machinaux pour nous amener dans un 1991 futuriste. Des parents ne se déplaçant qu’en hélicoptère offrent à leurs enfants une salle de jeux où tous leurs fantasmes, jusqu’aux plus sombres, s’incarnent virtuellement, ce qui va influencer le comportement des enfants et en particulier une violence envers leurs parents.

 

Le minimalisme de l’espace scénique permet d’imposer l’espace sonore comme l’élément dramaturgique, scénique et esthétique moteur de la pièce. Il stimule l’imaginaire du spectateur qui instaure par ses images mentales, à mi-chemin du théâtre sonore et de l’installation. Ainsi quand la vue est plongée dans la pénombre d’un environnement troglodyte, l’ouïe est mobilisée de façon spectaculaire à 360° par un tournoiement angoissant de bruits électroniques, nous propulsant avec une rigoureuse précision dans la violence abstraite du monde virtuel de la pièce. Le reste de la salle et la tête du spectateur deviennent alors le prolongement de la scène par la puissance sensorielle du dispositif sonore immersif. Ce dernier nourrit la narration grâce aux éléments de fabulations créés par les spectateurs. Ces derniers sont assaillis, comme les deux comédiens incarnant les parents, par cette sauvagerie concrète cachée derrière le virtuel de la machine dans la bande sonore.

 

The Veldt joue donc sur la peur de voir se matérialiser sur la scène ces inquiétants bruitages bestiaux, ce qui implique l’économie d’éléments scénographiques pour laisser croitre la colonne vertébrale de l’imposant prédateur sonore envahissant l’espace. La confusion entre réel et virtuel imprègne jusqu’au vertige ces parents impuissants, en prise avec leurs casques de réalité virtuelle dans ce cadre dystopique en écho direct avec les dérives technologiques de notre ère.

 

PHOTO JACANA-CL.P.CASTEL

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