Dans le pays d’hiver

MC93 - Bobigny

  • Date Du 9 au 24 novembre 2018
  • Mise en scène, adaptation et scénographie Silvia Costa
  • Texte D’après six des Dialogues avec Leuco de Cesare Pavese : Le mystère, La bête, L’homme-Loup, La mère, Le déluge, Les Dieux
  • Création lumières Marco Giusti
  • Création sonore Nicola Ratti
  • Costumes Laura Dondoli
  • Collaboration à la scénographie Maroussia Vaes
  • Sculptures de scène Paola Villani
  • Travail vocal NicoNote
  • Surtitrages Elisabetta Scarin
  • Avec Silvia Costa, Laura Dondoli, My Prim
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Par le biais d’un univers d’images mythiques épurées à l’ambiance suspendue, Silvia Costa cherche à donner un corps plastique aux mots de Cesare Pavese, mais ne parvient à créer une réelle unicité entre la poésie orale et celle des symboles visuels.

 

Dans un espace épuré à la magnifique froideur cotonneuse, le rituel hypnotique est lancé sur scène par le mouvement d’un étrange balancier à la pointe acérée. Sa nature inquiétante est renforcée par une bande-son de vent polaire aux relents électroniques. La scène se déploie sous la forme d’un autel faisant la part belle aux symboles mythiques, provenant surtout des mythologies grecques et romaines notamment avec la Louve du Capitole. La partition corporelle, au service des changements de décors au fil du spectacle, est également dans cette optique de faire de la scène un sanctuaire poétique dédié à faire résonner les mots de l’écrivain et à les transformer à travers les différents langages plastiques utilisés.

 

Un des (trop ?) nombreux thèmes imprégnant les extraits choisis de ces Dialogues avec Leuco est l’importance pour les Hommes de nommer les choses du monde. Cette thématique s’inscrit dans le prolongement de la logique rituelle des lents mouvements minutieux de la mise en scène. Cependant une discordance entre le registre distancé, presque épique, de l’inscription de la parole sur scène par les actrices et la prédominance de l’esthétique plastique de l’ensemble se crée malgré le cadre mystique de ce temple minimaliste propice aux réflexions sur les relations entre le divin et l’humain, les Hommes et la mort. Les longues plages de dialogues foisonnant de réflexions élaborées autour du rapport au mystique se retrouvent en décalage avec la symbolique mythique brute et épurée de la scène. Certaines idées scéniques cherchent à inscrire plastiquement les mots au plateau, comme ces drapeaux avec les noms des praticiennes déposés à l’entrée du sanctuaire pour montrer leur entrée dans les entités divines qu’elles incarnent. Néanmoins les moments d’écho entre ces deux formes de langage se font trop rares pour créer un véritable échange dans ce mélange esthétique hétérogène. Dans le pays d’hiver propose donc de fortes idées esthétiques prélevant la sève poétique de symboles mythologiques, créant une ambiance cotonneuse basée sur une identité plastique épurée qui semble se suffire à elle-même.

 

PHOTO SIMON GOSSELIN

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