Trois hommes sur un toit

Autres théâtres

  • Date Du 7 au 29 juillet au Théâtre du Train Bleu d'Avignon
  • La Compagnie Théâtre du Détour
  • Auteur Jean-Pierre Siméon
  • Mise en scène Antoine Marneur
  • Assistance mise en scène Amandine Bonnet
  • Comédiens Pierre Margot, Bruno De Saint Riquier, Francis Ressort, Antoine Marneur
  • Scénographie et conception visuelle Garance Marneur
  • Réalisation vidéo Sébastien Sidaner
  • Création costumes Barbara Gassier
  • Lumières et régie générale Baptiste Rilliet
  • Bande son Nicolas Maisse
  • Création musicale Nicolas Rocher
3-hommes-sur-un-toit-1500x1000

Le titre programmatique annonce donc trois hommes. Ce sont les seuls survivants d’une montée des eaux, qui n’est pas sans rappeler le Déluge, ayant tout ravagé sur son passage. La tourmente, l’abattement est leur lot quand ils ne se résignent pas à accepter leur sort. Ce huis clos est à ciel ouvert, toute la pièce se concentre sur un espace restreint, seul refuge. La toiture, palimpeste poussiéreux des nombreuses traces de pas des personnages témoignant de leurs tourments, constitue l’unique décor. Le toit est en perspective, en diagonale montante où deux versants permettent les allées et venues des personnages, agencé comme un Radeau de la méduse. Le début de la pièce commence par une fumée qui se dissipe tel le brouillard en pleine mer. Une vidéo projetée au fond de la scène donne un cadre à la pièce et elle est peut-être justement trop descriptive, explicite et redondante avec le texte : l’étendue d’eau est montrée en vidéo alors que les personnages ne font qu’en parler. Rappelons que cette pièce était d’abord destinée à la radio, les personnages décrivent tout ce qu’il y a sous leurs yeux ce qu’on ne voit jamais au théâtre.

 

Chacun affublé de vêtements déchirés, erre sur ce radeau. Il est comme un miroir réfléchissant les lumières zénithales d’arc-en-ciel, dans le but de donner une touche divine à la lumière. En effet, le messie arrive et parcourt le toit afin de leur délivrer l’issue de leur existence et par la même occasion celle de l’humanité. Le milieu de la diagonale étant un entre-deux, les deux versants du toit offrent pour le côté vers le fond de la scène une surface plus horizontale permettant de s’allonger tandis que l’autre est plus abrupt, plus proche de nous, laisse les jambes ballantes des comédiens assis. Le dispositif de la diagonale en pente permet de chorégraphier l’état d’esprit des personnages : les trois personnages sont des allégories de la condition humaine qui entament une ascension exaltée du toit, pleine d’assurance, se tenant fièrement debout ou, au contraire, s’engagent dans une descente, accablés, résignés à l’idée d’une mort prochaine, pour se retrouver finalement accroupis au bord du précipice.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *