Nevrotik Hotel | Le Souffleur

Nevrotik Hotel

Théâtre des Bouffes du Nord

  • Date Du 09 au 27 mai 2018
  • Mise en scène Michel Fau
  • Trame et dialogues Christian Siméon
  • Musiques Jean-Pierre Stora
  • Chansons Michel Rivgauche, Julie Daroy, Pascal Bonafoux, Jean-François Deniau, Christian Siméon, Hélène Vacaresco, Claude Delecluse et Michelle Senlis
  • Décor Emmanuel Charles
  • Interprètes Michel Fau et Antoine Kahan
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Quand Lady Margaret arrive dans sa suite, l’hôtel Normandie peut dire adieu à sa tranquillité. D’autant plus quand elle a jeté son dévolu sur le jeune et charmant groom. Comment résister à cette femme haute en cruauté, en égoïsme et en folie ?

Le comédien-metteur en scène Michel Fau revisite le mélo amoureux kitch en couleur rose bonbon. Alors quoi de plus naturel que de le voir arriver sur scène en robe, chaussures à talon, perruque blonde avec des bijoux brillants. Dans ce décor en carton, il n’est plus un simple comédien, mais l’extravagante Lady Margaret : une femme riche esseulée et désespérée, qui veut recevoir de l’amour. Et elle le peut, car elle a un portefeuille bien chargé.

Le groom, Antoine, interprété par Antoine Kahan et surnommé « boy », fera l’affaire, d’autant plus que le costume à la Spirou rose met son corps bien en valeur. D’ailleurs, il essaiera plusieurs costumes (au cours de la pièce) et prendra quelques pauses qui ne sont pas sans rappeler l’esthétique des photographies de Pierre et Gilles. Ainsi, un contrat va l’obliger, contre une somme rondelette, de jouer chaque jour dans la chambre de Lady Margaret des scénettes amoureuses plus extravagantes les unes que les autres. Il faut sauver la Lady margarine. Nous voilà sur un terrain glissant, où les jeux de mots et les chansonnettes prennent le spectateur à contre courant. Une musique, jouée en live par trois musiciens talentueux, Mathieu El Fassi (piano), Laurent Derache (accordéon) et Lionel Allemand (violoncelle) accompagne le tout.

Outre l’excellent jeu du duo lady Margaret et Antoine, la force de ce mélodrame loufoque se trouve dans les chansons inédites de Michel Rivgauche, dans la musique signée par Jean-Pierre Stora et les dialogues ciselés de Christian Siméon. Une mauvaise foi accablante, des jeux de dupes…se mêlent à un subtil mélange mélange de music-hall, de théâtre de boulevard, assaisonné d’un soupçon d’Harlequin et d’histoires de série Z. Une miscellanée iconoclaste étonnante, bien dosée pour surprendre le spectateur et le faire rire de bon cœur. On s’attache à ces personnages étranges et on les accompagne avec ravissement dans leur folie. On s’attache à ces personnages étranges, qu’on accompagne avec ravissement dans leur folie. Même le personnage du standardiste harcelé par la diva nous ravit tellement il est traité avec mépris et dérision.

Même si certaines chutes manquent de punch et que certains textes ne sont pas audibles à cause de réglages acoustiques, on passe tout de même un bon moment. Les sourires se dessinent sur tous les visages et les applaudissements se veulent chaleureux et francs. Alors pour passer un bon moment, n’hésitez pas à réserver une chambre au Nevrotik Hotel !.

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