Branlette

Théâtre de l'Opprimé

  • Date 24 avril 2018
  • Compagnie M'Amuse
  • Auteur / Metteur en scène / Comédien KENTIN PAREZ
  • Assistante Mise en scène / Créatrice Lumière JULIA RECCA
  • Avec LAURE MARION, GARY GUÉNAIRE, SOPHIE BRAEM-VASCO, BAPTISTE CARRION-WELSS, JUSTINE CAZIN,
  • Costumières MISSBOU / NOLWEN KERVAZO
  • Créateur Lumière et Régisseur MEHDI RGUIEG
31301472_1866735603377850_6440985230575665152_o

Lors de son atelier portant sur la critique théâtrale, en partenariat avec le Service d’action de l’université Sorbonne-Nouvelle et le Théâtre de l’Opprimé, le collectif du Souffleur invite les étudiants à écrire la critique d’un des spectacles programmés au Festival Acte&Fac.

 

Il s’agit bien d’histoires d’amour entre couples, mais cet amour est en effet un amour de soi – un besoin de se sentir, de se satisfaire et de s’aimer.


Dans le cadre du Festival Acte&Fac, initié par le Service d’action culturelle de l’Université Sorbonne Nouvelle, le Théâtre de l’Opprimé accueillait, le 24 avril, la Cie M’Amuse pour sa dernière création – Branlette.


Trois cubes vitrés sous lesquels s’abritent trois couples distincts – homme/femme, femme/femme et homme/homme. Chaque couple est enveloppé par du plastique et relié par une corde autour du cou. Leurs corps peints en rouge, leurs visages masqués, ils se regardent ou s’embrassent, debout ou assis. Voilà comment se déroule leur rencontre amoureuse, et le début de la pièce.


Peu à peu, ils enlèvent les plastiques, les cordes et les masques. Dans l’alternance des dialogues, des monologues, ainsi que des commentaires du public, ils parlent tous de l’amour non partagé, de la jalousie, du narcissisme… Dans l’explosion des ballons des pétales de rose, ils se font des gifles, se disputent et enfin se quittent… Ils sortent du cube, ils avancent vers le public, dans une musique africaine, ils enlèvent le dernier morceau de tissu qui enveloppe leurs cheveux, accomplissant ainsi un épanouissement du soi.


Il s’agit bien des histoires d’amour entre les couples. Néanmoins, comme l’indique son titre – Branlette, cet amour est en effet un amour de soi – un besoin de se sentir, de se satisfaire et de s’aimer. Quand on est amoureux, on s’enferme toujours dans un monde à deux. Cela est concrétisé dans la pièce par les plastiques et le cube qui les séparent du monde extérieur. On doit parfois se compromettre : « Tomber amoureux de toi, c’est tomber très bas », c’est peut-être là le sens de la corde – la corde qui relie les deux êtres amoureux représente une sorte de soumission, de compromis, mais aussi du conflit, car c’est quand on a du désaccord et du conflit qu’on a besoin de se soumettre. C’est peut-être à cause de cela que l’on décide de quitter l’autre, de dire « l’amour ne suffit pas », et de retrouver soi-même. Quand ils enlèvent les plastiques et les cordes et sortent du cube, n’est-ce pas une libération de la vie de couple ? Et quand ils enlèvent le masque et déclarent devant le public, n’est-ce pas une libération du soi ? Dans ce sens-là, rien d’autre pourrait mieux l’exprimer que la musique africaine. Mais se replier sur soi, ne serait-il pas un autre piège ?


Malgré le côté égocentrique et conflictuel de l’amour, Branlette nous amène à une expérience d’observer la vie des trois couples, comme dans un laboratoire, et nous pousse à réfléchir sur l’individu et la relation avec l’autre…

Critique de Yichen Peng

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *