La course

Théâtre de la Reine Blanche

  • Date Du 27 mars au 5 avril
  • Ecriture et mise en scène Valérian Guillaume
  • Collaboration et mise en scène Giulia Dussollier
  • Scénographie et conception visuelle Thibault Le Page
  • Avec Arthur Daniel et Jeanne Desoubeaux
  • Production Compagnie Désirades
la course

Créé et mis en scène par Valerian Guillaume, La course parle de la passion pour ce sport urbain qu’est le footing, mais aussi du besoin de fuite et de la peur de la solitude. Ce texte, composé à partir de témoignages et de paroles collectées, s’inscrit résolument dans notre modernité et les personnages interprétés par Arthur Daniel et Jeanne Desoubeaux ne nous semblent pas si étrangers.

 

Il faudra que je cours

Une jeune femme commence par nous raconter comment elle s’est mise à courir. Grâce à la course, elle s’est résolue à prendre sa vie en main, à se sentir mieux dans sa peau, à s’intégrer dans son entreprise, à rencontrer ses collègues.

 

Un jeune homme, lui, nous raconte qu’il a raté sa course, parce qu’il faisait trop froid, ou trop chaud, et que son boss ne le laisse pas courir plus vite que lui, mais c’est pas de sa faute, à lui s’il est bon. Lui, il sait ce qu’il veut dans sa vie, pas comme son frère, ce hippie qui n’enfile jamais de baskets pour aller courir.

 

Tous les deux nous parlent aussi de leur solitude. De leur besoin d’aller courir la nuit, pour se sentir mieux, pour se sentir fort, pour se sentir moins seul. La course, oui, mais aussi contre soi-même, pour fuir ses démons, les démons de la ville, de la vie moderne.

 

Rythme

Le rythme même de la pièce rappelle la course : d’abord de longs monologues, comme une course de fond, puis des sprints effrénés où les comédiens accélèrent de plus en plus leur diction, se rattrapent ou se dépassent, enfin, quelques moments de pause, pendant lesquels ils reprennent leur souffle pour laisser place à un texte plus contemplatif, qui parle d’amour et de désir.

 

Parfois, que ce soit sur scène ou dans la vie, les comédiens se croisent, essayent de faire un bout de parcours ensemble. Mais souvent ils se ratent, se séparent : ça n’accroche pas quand on va trop vite, on n’arrive pas à trouver le même rythme.

 

Pendant une heure, la pièce alterne donc entre des tirades drôles, récitées dans une langue qui nous est familière, et des moments plus poétiques qui donnent d’un coup une teneur grave à ce qui se passe sur scène. Les comédiens savent très bien nous faire rire, mais ils cherchent peut-être encore un peu comment donner un caractère plus symbolique à cette course aussi physique que métaphysique.

 

Malgré un début et une fin quelque peu hétéroclite, le spectateur se laisse emporter par le rythme de la pièce et le fil de ses pensées. La course a le mérite de faire du footing, cette activité devenue si courante, un sujet de réflexion plus profond qu’il n’en a l’air.

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