Festival « Le printemps lyrique » | Le Souffleur

Festival « Le printemps lyrique »

Autres théâtres

  • Date Du 21 au 26 avril 2018
  • Lieux Théâtre des Variétés
  • Mise en scène Cecilia Ligorio
  • Chef de chœur & Direction Aurore Tillac
  • Chœur et Orchestre Les voix concertantes
  • Violetta Valery Manon Bautian
  • Alfredo Germont Rémy Poulakis
  • Giorgio Germont Marc Souchet
  • Flora/ Annina Anna Destrael
  • Baron Douphol Virgile Frannais
  • Marquis d'obigny Arthur Goudal
  • Docteur Grenvil Frédéric Thiriez
  • Pianiste Paul Montag
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Dans le cadre du Festival « Le printemps lyriques », le théâtre des Variétés accueillait la compagnie « Les Voix Concertantes » du 21 au 26 avril. Cet événement a la volonté de faire découvrir l’art de l’Opéra en accordant à sa programmation des prix accessibles. Deux spectacles étaient proposés lors du festival : Une nuit à l’Opéra et La Traviata de Verdi.

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Une nuit à l’Opéra

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En ouverture du festival, le spectacle Une nuit à l’Opéra présentait les grands airs dédiés à la beauté du chant lyrique. Dans ce somptueux théâtre où le rouge écarlate des velours corrobore les moulures dorés de la charpente, on entrevoie à lumière clair-obscur des latéraux, les splendides peintures des pendrillons en fond de scène.

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En costard noir, chemise blanche, un homme venu de jardin salue à l’avant-scène. Applaudissement. Paul Montag rejoint son piano à queue derrière lui. Dans sa facilité à jouer, il ajoute à la prestation douceur et légèreté. Sa musique coule de source, comme emporté par le courant d’une rivière.

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Les chanteurs comme le chœur sont eux aussi vêtus de noirs, ceints d’un nœud papillon. Dans ces musiques composées par les plus grands comme Mozart ou Donizetti, certaines sortent du lot par leur interprétation, notamment l’air de Figaro de Rossini joué avec une élégance et un panache à l’italienne ou encore la posture pleine de grandeur et dignité lors du Torréador de Carmen composé par Bizet.

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En complément à la noblesse et la tenue que propose cet opéra, la compagnie se veut aussi décontractée et s’autorise discrètement quelques friandises d’humour. Les converses rouges de la chef de chœur Aurore Tillac en témoignent notamment. Le temps d’un instant le baryton Frédéric Cornille fait le clown sortant d’un coup une casquette jaune. Les cravates finissent par se dénouer et les lazzis d’amoureux comme on a pu le voir dans le Duo Adina / Dulcamara extrait de l’Elixir d’Amour de Donizetti apportent à la représentation une spontanéité qui dépoussière les clichés d’un opéra pompeux.

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La Traviata de Verdi.

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Adaptée d’après La Dame aux Camélias d’Alexandre Dumas fils, l’opéra raconte l’histoire de la passion déchirante de la mondaine Violetta envers Alfredo Germont. La Traviata de Verdi offre le portrait des plus bouleversant d’une femme qui par amour pour cet homme sacrifie la vie de bonheur qu’ils auraient pu avoir ensemble.

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Lors d’une soirée où l’on s’abreuve de champagne coulant à flot et l’on s’enivre de vers de poésie narrant les joies de l’amour et du plaisir, Alfredo tombe fou amoureux de Violetta. Ils s’enlassent en avant-scène dans un moment de grâce que procurent les chants. Ensemble, ils vivent un amour sublimé : « le souffle de l’Univers », si puissant qu’il est à la fois calvaire et délice pour le cœur.

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Cependant, Alfredo dans les bras de sa dulcinée oublie son passé et la réalité sociale : c’est un jeune homme de la bonne famille des Germont. Son père Giorgio, rend visite à Violetta et lui demande d’abandonner son fils afin que la réputation de sa famille ne soit pas entachée. Violetta accepte, quitte Alfredo qui fou de colère l’humilie en public. Lorsque, prit de remords, le père tente de réparer la situation. Mais, il est déjà trop tard et Alfredo n’a que le temps d’arrivé au chevet de Violetta pour assister à son chant du cygne.

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Dans une esthétique de cabaret d’avant-guerre, les hommes à chapeaux, les jeux d’argents autour d’une cagette en bois, le chant des bohémiennes interprété par un chœur de femmes en tenue sexy (talons, collants et short noirs avec chemise blanche et cravate défaite) ; tous ces éléments donnent à la mise en scène de cette Traviata une allure raffiné mais sobre. On s’attendait à davantage de couleurs, notamment pour mettre en valeur le contraste entre la joie rayonnante de Violetta au début de la pièce et sa dépression sur son lit de mort. Bravo à l’orchestre et aux chanteurs qui ont offert à nos oreilles d’amateurs une prestation musicale très propre et sans défaut de cette œuvre d’une grande force émotionnelle.

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