L’espace furieux

Théâtre de la Cité Internationale

  • Date du 6 au 10 mars 2018
  • Texte Valére Novarina
  • Mise en scène Mathilde Delahaye
  • Dramaturgie Viviane Point
  • Scénographie et costumes Léa Gadbois-Lamer et Heidi Folliet
  • Interprètes Pierre-Félix Gravière, Frédéric Leidgens • Juliette Plumecocq-Mech • Romain Pageard • Maud Pougeoise • Blanche Ripoche
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Entrez cher spectateur dans le cabaret qui va vous faire découvrir le monde étrange tout en mots de Valére Novarina. Vous allez y rencontrer des personnes tout en couleurs clamant folie et fougue. Le théâtre de l’utopie, comme le présente l’auteur, va prendre tout son sens dans un Espace furieux.

Valère Novarina est un auteur contemporain, un amoureux du théâtre, des mots et de leurs sens. Il écrit avec passion des histoires qu’il met parfois en scène. La jeune metteure en scène, Mathilde Delahaye, qui est tombée sous le charme du vocable de ce dernier a décidé de se lancer un défi. Et si elle mettait en scène  L’espace furieux.

Pourquoi est-ce une véritable aventure ? Pour une raison très simple. Les textes de Valére Novarina n’ont pas l’obligation de compréhension. Il veut d’une certaine façon se libérer de la contrainte de raconter une histoire avec un début et une fin et avec une construction cohérente. Pourquoi devoir se limiter à cela quand le pouvoir de l’imagination peut créer des récits étranges et singuliers ? Alors comme le texte n’est pas un renfort à l’histoire, il faut alors avoir une mise en scène étonnante et des comédiens qui ont de l’énergie et du talent à revendre.

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Des surprises, il y en aura dès les premières minutes du spectacle. Un musicien, Kaspar Tainturier-Fink, avec consoles et contrebasse, en haut de son mini-chapiteau compose sa musique en direct. Deux jeunes, vestes de Monsieur Loyal, accueillent les regardants spectateurs ? et commencent à leur tenir un langage qui surprend et égare par moment. Il y a plein d’imprévus surtout lorsque surgissent des jeux sur le rythme, les toponymies, les homonymies, les sonorités… Les interprétations deviennent multiples. A chacun sa compréhension.

Les comédiens eux-mêmes ont du faire fi du sens. Ce qui ne les a pas empêché de mettre de la finesse et de l’intelligence dans leur parole. Un grand coup de chapeau à Pierre-Félix Gravière qui dans sa nonchalance a su faire vibrer le texte. Tout comme Juliette Plumecocq-Mech aussi qui avec un charisme incroyable a su s’imposer sur scène une folie douce. Mais le talent de l’ensemble des artistes sur scène, Frédéric Leidgens, Roman Pageard, Maud Pougeoise et Blanche Ripoche, n’aurait pas été aussi étonnant sans la curieuse mise en scène de Mathilde Delahaye. Elle a été aidée par la dramaturge Viviane Point pour mieux s’approprier le texte et trouver des  sources d’inspiration pour la mise en scène. Elle introduit le spectacle dans un cabaret, puis le rideau tombe et un autre monde s’ouvre, vers des espaces sans limite. C’est très dynamique. Si parfois le sens nous échappe, on reste captivé par ce qui se passe. La mise en vie des mots leur donne une beauté fugace et surprenante.

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On tend les oreilles et on ouvre grand les yeux pendant tout le spectacle. On ne veut rien rater. On n’accepte de ne pas tout comprendre. A la fin on ne peut qu’applaudir face à cette expérience théâtrale. Indéniablement, Mathilde Delahaye sait relever les défis les plus audacieux.

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