Bluebird

Autres théâtres

  • Date 7 février au 4 mars 2018
  • Nom du théâtre Théâtre du Rond-Point
  • Auteur Simon Stephens
  • Mise en scène Claire Devers
  • Interprétes Philippe Torreton, Baptiste Dezerces, Serge Larivière, Marie Rémond et Julie-Anne Roth
  • Scénographie Emmanuel Clolus
  • Lumières Thomas Cottereau et Olivier Oudiou
bluebird_1000_1000

Le théâtre du Rond-Point  nous plonge dans les rues sombres de Londres pour un voyage en taxi. Au volant de sa Nissan, Philippe Torreton nous embarque dans les rues à la rencontre de ces habitants un peu sombres. Montez à bord de la Bluebird. Une bouleversante histoire d’amour déçue va naître sous votre regard.

Sous la caméra, la scène
Le projet a pris forme au théâtre du Pont du Nord de Chalon-sur-Saône où la metteuse en scène Claire Devers avec Philippe Torreton, Baptiste Dezerces, Serge Larivieire, Marie Reìmond (Molière de la révélation féminine en 2015) et Julie-Anne Roth donnent vie à des histoires de rencontres. Claire Devers, scénariste et réalisatrice est une habituée des plateaux de cinéma. Caméra d’or en 1986 pour Noir et Blanc. Pour la première fois, elle dirige des comédiens pour le théâtre, un art au sein duquel l’approche du jeu est différente. Pour ce nouveau défi, elle choisit la première pièce du dramaturge britannique, Simon Stephens écrite en 1998.

Le taxi, un endroit de confidence
Jimmy (Philippe Torreton) prend le volant de son taxi, une Nissan Bluebird et sillonne les rues sombres de Londres. Il transporte des insomniaques, des noctambules, des fêtards et des travailleurs qui ouvrent leurs cœurs et montrent leurs blessures. Le temps d’un trajet, les confidences se font en toute simplicité. Le conducteur aime écouter et accueille avec bienveillance ces paroles.

Julien Piffaud

Les confessions font écho à sa propre vie. Il replonge dans les souvenirs douloureux avec son épouse Clare (Julie-Anne Roth) qu’il n’a pas revu depuis cinq ans. Un événement dramatique engendrant une séparation douloureuse. Les clients deviennent des étapes émotionnelles successives. Ces hommes et ces femmes participent à son choix de recontacter celle qui avait partagé sa vie. Ce jour n’est pas un jour ordinaire. Il faut qu’il la revoit, lui parle et lui donne quelque chose.

Une mise en scène audacieuse 
Le passé cinématographique de la metteuse transparaît à travers la présence de la vidéo. La voiture bouge, les clients ne sont pas forcément à l’intérieur de l’habitacle pour illustrer l’interaction. Mais souvent la vidéo se trouve sur scène. On filme de face, de derrière et avec des doubles plans qui sont projetés sur un drap blanc en direct. Les plans sur les échanges font références à des films. Et la lumière accompagne avec force l’ensemble. Une teinte souvent orangée qui me rappelle les lampadaires de rues, jouant avec les ombres. Les couleurs plus vives sont les plans des rues de Londres qui défilent pour nous informent  nous signaler le fait que le véhicule se déplace. Le spectateur est emmené dans la course. Un choix assez ingénieux.

Julien Piffaud

L’espace qui au début se compose de barrières à l’avant de la scène va doucement s’ouvrir sur une voiture qui changera de place. On verra les techniciens, habillés de noir déplacer le véhicule. Trois comédiens (Baptiste Dezerces, Serge Larivieire et Marie Reìmond) vont interpréter au moins deux personnages chacun. Philippe Torreton est là et tient tout le spectacle à bout de bras pendant 2 heures. Il n’a plus à prouver son talent sur scène. Point ici son parcours parle pour lui. Une présence et une force se dégagent de son corps. Même les mots les plus simples prennent vie et deviennent une vérité. Lorsqu’il est au volant, il arrive même à nous faire croire qu’il échange des regards avec son passager tout en regardant la route. Il n’est plus un comédien, il est Jimmy. Les mots sonnent justes, forts et fusent. Et montrent leur puissance dans la scène finale avec Claire Devers, devenue une femme blessée, le cœur à vif.

Bluebird nous conduit sur les chemins de la souffrance où la rédemption est impossible. Certaines blessures ne peuvent jamais se refermer. Ce qui n’empêche pas de vouloir avancer et de vouloir encore croire que des lendemains meilleurs sont possibles.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *