La Fuite

Théâtre Gérard Philipe

  • Date du 29 novembre au 17 décembre 2017
  • De Mikhaïl Boulgakov
  • Mise en scène Macha Makeïeff
  • Avec Karyll Elgrichi, Vanessa Fonte, Alain Fromager, Samuel Glaumé, Pierre Hancisse, Sylvain Levitte, Thomas Morris, Émilie Pictet, Pascal Rénéric, Geoffroy Rondeau, Vincent Winterhalter, (en alternance) Sarina Dian Siriczman, Tess Genre, Noémie Labaune, Salomé Narboni
  • Lumière Jean Bellorini
  • Collaboration artistique Angelin Preljocaj
  • Conseil à la langue russe Sophie Bénech
  • Création sonore Sébastien Trouvé
  • Coiffures et maquillage Cécile Kretschmar
  • Assistant à la mise en scène Gaëlle Hermant
  • Assistant à la lumière Olivier Tisseyre
  • Assistanat à la scénographie et aux accessoires Margot Clavières
  • Assistanat aux costumes et atelier Claudine Crauland
  • Intervention et scénographie Clémence Bézat – Pavillon Bosio (Monaco)
  • Iconographie et vidéo Guillaume Cassar
  • Régie générale André Neri
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Dans une pièce pleine de vie et de fantaisie, Mikhaïl Boulgakov peint le tableau excentrique de l'ancienne société russe face à la chute de la monarchie. Macha Makaieff signe une mise en scène baroque et joyeusement loufoque au Théâtre Gérard Philipe.

En 1920, les monarchistes qu'on appelle les « Russes blancs » fuient la révolution bolchevique. Boulgakov raconte dans une série de huit songes la fuite de ces personnages en Europe. Il utilise l'onirisme pour échapper à la censure. De la Crimée jusqu'à Paris, en passant par Berlin, nous suivons notamment les pérégrinations d'un évêque, d'un officier et d'un intellectuel russes. Dans huit tableaux rythmés, le théâtre prend la forme d'un vaudeville burlesque. Le décor change constamment ainsi que les costumes selon les endroits géographiques où se trouvent les personnages. C'est très coloré sous une lumière sombre, ce qui confère l'aspect du rêve aux scènes.

Macha Makaïeff est directrice de La Criée, Théatre national de Marseille, depuis 2011. Ses grands-parents étaient des Russes blancs ayant fui le régime bolchevique en 1917. Elle en parle comme d'un déracinement et évoque l'extermination de la communauté intellectuelle et artistique russe.

L'esthétique de la pièce est très belle et les acteurs jouent tous parfaitement. Nous pouvons voir dans le spectacle un lien avec les réfugiés politiques actuels qui fuient les dictatures et qui viennent en Europe. Toutefois, à l'intérieur de chaque songe, les histoires perdent en compréhension. Pour celui qui ne connaît pas l’œuvre, le spectacle n'est pas facilement accessible. La complexité du contexte historique mêlée à l'histoire des personnages, ajoute des couches de narration qui rend le tout très difficile d'accès. Bien qu'il y ait de l'humour, on perd le fil des histoires individuelles très rapidement. On aurait aimé être en mesure de comprendre plus aisément l'histoire des personnages, d'où ils viennent et qui ils sont à chaque tableau. Peut-être que la nature même du texte, se voulant comme un rêve, ne peut faire autrement qu'apparaître aux spectateurs comme flou. La mise en scène est classique et la forme joyeuse. Les idées de mise en scène sont prolifiques. La musique et les chorégraphies sont divertissantes. Cependant la dramaturgie n'est pas homogène. Entre le rêve et l'ennui, la frontière est mince.

Au final, l'oeuvre de Boulgakov est difficile à adapter. On se réjouit de voir au théâtre une forme de spectacle qui ne soit pas minimaliste ou austère. Macha Makaïeff insère dans la pièce son histoire personnelle par la figure de cet enfant qui au début du spectacle demande à ce qu'on lui raconte un conte. Ce sont donc par ses yeux que l'on perçoit cet étrange objet fantastique et fantasmagorique. Quoi de mieux que les yeux d'un enfant pour éclairer les aspects sombres d'une histoire cruelle ?

Par Xenia Ivanova et Florent Barbera

  © Crédit photo : Pascal Victor

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