Hamlet, je suis vivant et vous êtes morts

Nouveau Théâtre de Montreuil

  • Date Les 7 et 8 décembre 2017
  • Conception et mise en scène Wilfried Wendling
  • Musiques Pierre Henry et Wilfried Wendling
  • en collaboration avec Valérie Philippin et Julien Desprez
  • scénographie plastique et vidéo Milosh Luczynski
  • comédien Serge Merlin
  • collaboration artistique Régis Bocquet
  • d’après William Shakespeare
  • adaptation de Wilfried Wendling et Serge Merlin
  • régie générale Thomas Mirgaine
  • régie son Thomas Mirgaine et Franck Gélie
  • en collaboration avec Camille Lézer
171205 mesure pour mesure Miet Warlop

Le Festival Mesure pour Mesure est un temps fort de la saison du Nouveau Théâtre de Montreuil. Il propose jusqu’au 22 décembre une série de spectacles pluridisciplinaires, variations les plus éclectiques sur le genre du théâtre musical. Intéressons-nous à la « mise en abyme hamlétique autour de la mort et de la réalité »proposée par Wilfried Wendling et avec Serge Merlin.

 

C’est le désir de voir sur scène le grand Serge Merlin qui nous fait découvrir le dispositif visuel et sonore complexe créé par Wilfried Wendling avec des musiques de Pierre Henry et proposé par La Muse en Circuit, Centre Dramatique de création musicale.

 

Cette adaptation fantasmagorique et très personnelle de Hamlet de Shakespeare projette des images et vidéos de Serge Merlin sur fond noir, répétant à l’infini des bribes de phrases issues du texte ou de la réécriture. Toutes les surfaces de la boîte noire du Nouveau Théâtre de Montreuil sont exploitées : le fond de scène, les murs au niveau des gradins du public tant à cour que à jardin ; un rideau de scène transparent descend bientôt pour permettre d’autres projections avec effets de fumée et lasers.

 

Serge Merlin est seul en scène, mais il est en réalité bien peu visible. Le début du spectacle plonge le spectateur dans un univers de la musique électronique de Pierre Henry et de Wilfried Wendling. Des faisceaux lumineux surgissent alors et sont projetés sur une scène plongée dans l’obscurité et dont on ne distingue qu’un ballet de cintres qui sont tous vides et baissés au niveau du sol et remontés un à un, jusqu’à laisser enfin apparaître Serge Merlin.

 

De cette interprétation très hermétique de Hamlet, on ne reconnaît que quelques passages, tels celui du fantôme du défunt père, dont Serge Merlin pourrait assez justement incarner la figure selon le sous-titre « je suis vivant et vous êtes morts ». Surgissent aussi des phrases de texte en lumière blanche qui sont projetés en diagonale sur tous les murs du théâtre, en même temps que les images de Serge Merlin/Hamlet dont on ne saisit que des bribes de phrase.

 

Le plus beau passage est sans doute celui où les images et vidéos d’anciennes versions de Hamlet sont projetées. On y distingue des décors de château en ruine puis les images d’acteurs surgissent et on y reconnaît pêle-mêle Laurence Olivier ou Adrian Lester, parmi d’autres grands acteurs ayant donné vie au personnage de Shakespeare.

 

L’on reste sur sa faim avec ce spectacle qui donne le sentiment que l’acteur Serge Merlin n’est pas dirigé à la hauteur de son talent, se contentant d’apparitions fantasmagoriques dans des volutes de fumée et projections 3D. Wilfried Wendling crée bel et bien un univers peuplé de fantômes et hors de tout repère spatio-temporel, avec pour seul élément de décor une sorte de robot à roulettes qui projette images et faisceaux lumineux et tournoie sur scène autour de la silhouette de l’acteur.

 

Il faut donc prendre « Hamlet, je suis vivant et vous êtes morts » pour ce qu’il est : un spectacle expérimental qui mêle la musique électroacoustique de Pierre Henry à des évocations de Hamlet. Comme le dit Wilfried Wendling dans sa note d’intention :

« L’histoire originale se dissout dans les limbes et ne s’incarnent sur le plateau que quelques scènes emblématiques accompagnées des grands monologues métaphysiques. » […]

« Pour réaliser cette expérience abyssale il fallait confronter au mythe des figures également mythiques de la musique et du théâtre : Pierre Henry et Serge Merlin. »

 

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *