Une commune

Théâtre de Vanves

  • Date Du 10 au 15 novembre 2017
  • Texte et dramaturgie Guillaume Cayet
  • Mise en scène Jules Audry
  • Avec : François Clavier, Charlotte Corman, Anne Fischer, Lise Gervais, Frédéric Losseroy, Fatima Soualhia Manet, Marion Noone, Airy Routier Avec la voix de Pierre Vial ​
  • Scénographie Jeanne Boujenah
  • Costumes et accessoires Juliette Seigneur
  • Assistanat à la mise en scène Lison Foulou
  • Composition musicale, travail vocal Anne Fischer
  • Régie son et lumière François Duguest
Une commune - Jules Audry

Après avoir lu le texte d’Une commune, écrit par Guillaume Cayet, il s’agissait d’aller assister à la mise en scène de Jules Audry au théâtre de Vanves, et de voir comment ces mots d’abord si plaisant à lire seraient alors mis en geste, en voix et en décor.

 

La première impression faisait écho avec la poésie du texte : des panneaux en liège triangulaires rappelaient les toits pointues des usines et du monde industriel, et un long bac rempli de charbon évoquait l’univers minier d’Une commune. En effet, la pièce se passe dans un petit village de France, déserté par le chômage lors de la fermeture de la mine dans les années 1990. Sauf que M. Vivien, le riche industriel, revient ouvrir une nouvelle mine. Mais une mine sans hommes, cette fois-ci, une mine à fracture hydraulique.

 

C’est justement M. Vivien qui ouvre la pièce. Dans son costume qui tient de l’évêque ou du chanteur gospel, il s’adresse au public tel le pape d’une nouvelle religion, dans une tirade à la fois épique et grinçante. L’idée est bonne, toutefois les costumes peuvent parfois donner une facture amateur à la pièce. En effet, les acteurs sont amenés à jouer plusieurs personnages, et se voient donc parfois affublés de perruques criardes ou de vêtements ressemblent un peu trop à un déguisement.

 

La pièce continue sur le même ton : la mise en scène propose des idées à la fois très poétiques et parfois un peu clichées. Par exemple, le décor est ingénieux et les panneaux en liège mobile servent à la fois d’échafaudage, de cachette, ou de bureau électoral. De même, l’idée de faire apparaitre Véra, pour la première fois derrière un drap, alors que le personnage représente une sorte de réincarnation du passé est intéressante. Mais à d’autres moments, la mise en scène devient un peu trop  facile et les personnages un peu trop stéréotypés. De fait, le jeu des acteurs s’avère quelques fois inégal.

 

Il en va de même pour la musique qui accompagne l’ensemble du spectacle : elle laisse cours à de beaux moments d’interprétation qui rythment la pièce (et il faut ici souligner la voix de Lise Gervais), mais prend parfois un aspect de chorale amateur.

 

Enfin, la mise en scène a fait le choix de couper certains extraits du texte et d’appuyer les moments comiques de la pièce, ce qui donne lieu à des passages bien réussis (notamment le zozotement de l’expert scientifique), mais enlève peut-être de ce qui peut toucher, à savoir le drame des personnages, mais surtout le drame du langage, car Guillaume Cayet montre que le pauvre ou le faible n’a pas le pouvoir de la parole, et que seuls les puissants disposent d’un langage qu’ils savent manier jusqu’au mensonge.

 

Une commune s’avère donc une pièce à lire, mais surtout à voir à Vitry, Jarny, Mancieulles et Asnière !

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