L’amante anglaise

Le Lucernaire

  • Date Du 6 septembre au 12 novembre
  • De Marguerite Duras
  • Mise en scène Thierry Harcourt
  • Avec Judith Magre, Jacques Frantz, Jean-Claude Leguay
  • Assistant mise en scène Thomas Poitevin
  • Lumières Jacques Pouveyrollis, Jessica Duclos
  • Costumes Victoria Vignaux
lamante-anglaise

Une belle reprise du spectacle créé en janvier 2017 par la compagnie Isabelle Decroix Production au sein du Théâtre Le Lucernaire : L’Amante Anglaise de Marguerite Duras. La pièce, à l’aspect policier, raconte l’histoire d’une femme âgée qui commit un crime auprès sa domestique et cousine sourde et muette.

Le décor sombre est dépourvu de toute joie de vivre, sans aucun objet qui pourrait servir à embellir l’espace : un bureau, une lampe et trois chaises pour chaque personnage, rien de plus. La lumière est suffisante pour reconnaître les personnages qui se présentent successivement : le mari, la femme et leur interrogateur. Leur comportement est aussi correct comme leurs tenues : le mari est habillé en costard bleu foncé, la femme en pantalon gris foncé avec une veste grise par-dessus un chemisier blanc, l’interrogateur porte une veste bleue et un pantalon beige. Les codes de la société sont donc tout à fait respectés.

Le rôle de l’interrogateur est très intéressant : il n’a aucun lien avec la victime, ou avec le couple, ou avec la justice. Pourquoi mène-t-il donc ce « procès » ? Est-ce qu’on peut faire un parallèle entre ce personnage et le simple public de nos jours face aux événements tragiques qu’on essaie de comprendre  sans y parvenir.

Le mari raconte l’histoire d’un couple ordinaire. Il est tombé amoureux et il s’est marié sans être intéressé par le passé ni par les sentiments, les idées et les pensées de sa compagne. Ils n’ont jamais rien partagé à part leur maison et le jardin. Ils ne se parlaient plus, sans être en colère l’un contre l’autre, plutôt par indifférence totale. Le mari ne savait ni comment sa femme passait son temps, ni qui elle rencontrait, ni avec qui elle communiquait, ni pourquoi elle a tué leur domestique. Toutefois, on ne peut pas lui reprocher d’avoir causé le crime ou de l’avoir même provoqué.

La femme paraît être gentille et aimable, on est séduit par sa vision du monde, ses histoires et les souvenirs qu’elle partage. Pourtant, elle a commis un crime et ne semble pas le regretter. La pièce est donc «un thriller de l’esprit, une tentative de comprendre ce qui peut pousser quelqu’un à commettre un acte si barbare et éloigné de la vie menée jusqu’à là » (Thierry Harcourt), brillamment joué par Judith Magre, Jacques Frantz et Jean-Claude Leguay. On attend la prochaine reprise de ce merveilleux spectacle sur le monde de la folie ou sur la folie du monde!

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