C’est la vie

Théâtre Ouvert

  • Date Du 30 octobre au 7 novembre 2017
  • Une performance documentaire du Collectif Zirlib
  • avec Fanny Catel, Daniel Kenigsberg
  • Text et conception Mohamed El Khatib
  • Réalisation Fred Hocké, Mohamed El Khatib
  • Assistanat de projet Coraline Cauchi
  • Régie Olivier Berthel
cestlavie

« C’est la vie » : tel est le nom de la pièce de  Mohamed El Khatib présentée lors du Festival d’Automne au Théâtre Ouvert et jouée par deux comédiens-parents qui ont réellement perdu leurs enfants et en parlent sur le plateau. C’est le spectacle le plus impressionnant du moment!

La perte d’un enfant est une perte grave, insupportable, qui bouleverse l’ordre des choses. Fanny Catel et Daniel Kenigsberg ont perdu leurs enfants respectifs et c’est la seule chose qu’ils ont en commun. Un homme de 61 et une femme de 37 ans, qui restent seuls face de la mort d’une partie d’eux-mêmes, devant le monde qui les observe. Leurs paroles et leurs réactions semblent étranges, de même que leurs gestes et leurs comportements. Ils essaient de retenir et de cacher leurs émotions, alors on se demande si c’est une vraie histoire.

Et l’histoire est bien vraie : un jeune homme de 25 ans s’est suicidé en se jetant de la terrasse de l’Institut du Monde Arabe en janvier 2014 et une petite fille de 5 ans a perdu la bataille contre la maladie grave de Zellweger. On essaie de comprendre ce que les comédiens nous racontent mais on n’y arrive pas. Leurs paroles et leurs histoires, mélangées avec des récits de l’Andromaque et d’autres petits souvenirs de leurs vies vidés d’émotions, paraissent être imaginaires, jusqu’à ce que l’émotion rattrape le spectateur qui ne sait plus comment retenir ses larmes afin de ne pas pleurer en public.

On a tellement mal qu’on essaie alors de se concentrer sur les paroles, sur les vidéos de témoignages présentés par deux comédiens, mais on ne sait rien sur l’histoire de ces deux personnes et sur leur relation avec leurs enfants. On comprend justement que rien n’est plus important dans leurs vies que la mort de leurs enfants. Cette idée est soulignée par le décor sur le plateau : il n’y a rien, il est vide. Il n’y a que deux écrans pendus au plafond qui guident les spectateurs d’une manière comique et ludique pour lire dans le guide les explications de l’histoire. Mais le programme en papier donné au début de la pièce est tout sauf comique et ludique.

Le guide contient des lettres échangées entre les comédiens et le réalisateur, il montre l’arbre généalogique des deux familles, il contient des postes facebook de Daniel Kenigsberg après la mort de son fils, ils montrent les recherches google avant le suicide, des lettres après la perte de son fils, il démontre l’incongruence entre le récit et le réel et sur la dernière page, il y a une réflexion sur le rôle des  parents : «  Parents – Terme désignant la personne qui, avec plus ou moins de talent, élève et protège l’enfant. Les compétences requises pour cet exercice sont accessibles à tous. La qualité de parent s’acquiert avec la naissance de l’enfant. La qualité de parent devrait-elle disparaître avec la disparition de l’enfant ? » La pièce suggère une réponse négative à cette question.

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