La machine à voler

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Nous sommes dans les années 1990, dans une ville de Pologne qui vivait de ses mines et qui, suite à la fermeture de ces dernières, voit ses habitants réduits au chômage. Les habitants sont complètement désorientés et n’arrivent pas à s’adapter à leur nouvelle situation due à la chute du communisme et au changement d’économie. Tandis que la ville sombre de plus en plus dans le marasme, un riche étranger survient sur lequel chacun va projeter ses doutes, ses espoirs et ses craintes.

La force de la pièce réside dans son humour acerbe, dans sa dérision et dans son ironie, beaucoup plus efficace que ne l’aurait été un ton pathétique pour dénoncer la situation désastreuse des pays de l’Est après la chute du communisme.

La mise en scène est pleine de recherche de la part de Piotr Kruszczynski et de surprises pour le spectateur. La pièce est en fait un diptyque, ce qui permet de souligner la dégradation de la situation. L’introduction est ingénieuse et drôle, car elle se fait sous forme d’un film qui expose la situation et présente les personnages par l’intermédiaire d’un des habitants, (un jeune homme qui nous parle d’un ton léger et dont les principaux soucis sont la construction de sa machine à voler, ses sentiments pour Julia ou encore la coiffure de sa frange : le ton vif, faussement léger est donc lancé). Les habitants apparaissent par des ouvertures faites dans la toile de projection, mêlant ainsi cinéma et théâtre. Ensuite nous atterrissons dans la ville, symbolisée par ses toits, sur lesquels les personnages se rencontrent, discutent, vivent, apparaissant en soulevant des fenêtres. Lors du deuxième volet, la ville est représentée par la même architecture, sauf que cette fois, elle est désossée, réduite à sa simple structure, symbolisant l’état de misère qui règne.

L’intervention, entre autres pour nous expliquer l’inflation, d’une femme en tailleur (qui nous rappelle le régime communiste tout en nous faisant penser à nos présentatrices télé) et de son acolyte, un frêle monsieur qui ne dit pas grand-chose (du moins à côté de notre speakerine), ajoute à la gaieté de la pièce et à l’impression de foisonnement qu’elle donne.

Ainsi, Kopalnia, par sa vivacité, son ironie camouflée sous de la légèreté, montre le désarroi de l’après-communisme en déjouant avec brio le piège du misérabilisme.

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