La Danse de mort

Théâtre de la Reine Blanche

  • Date Du 27 septembre au 29 octobre 2017
  • Texte August Strindberg
  • Mise en scène Stuart Seide
  • Traduction Terje Sinding
  • Avec Jean Alibert, Pierre Baux, Karin Palmieri, Helene Theunissen
  • Scénographie Angeline Croissant
  • Lumière Jean-Pascal Pracht
  • Son Marc Bretonniére
  • Costumes Sophie Schaal
  • Coiffures et maquillage Catherine Nicolas
  • Assistante à la mise en scène Karin Palmieri
LA DANSE DE MORTd August Strindbergmise en scene de Stuart SeideAvec : Jean AlibertPierre BauxHelene TheunissenTheatre de la Reine BlancheParis le 25 septembre 2017© Pascal Gely

Dans une mise en scène épurée et une belle traduction de Terje Sinding, Stuart Seide monte la pièce haletante du maître suédois August Strindberg.

Sur une île reculée de toute civilisation, Edgar (Jean Alibert) et Alice (Hélène Theunissen) forment un couple reclus. L’auteur August Strindberg dépeint ici deux personnages aigris par la vie. Alice est une comédienne qui a raté sa vocation et Edgar, un capitaine d’artillerie. Ils sont assis sur des chaises face au public. On pourra peut-être penser à Beckett comme si Strindberg avait senti l’absurdité de la relation humaine. Car les premières répliques sont sèches tout en étant comiques. Il faut attendre l’arrivée de Kurt (Pierre Baux), un ami, pour que leurs caractères démoniaques émergent. Tous les deux se disputent et s’accusent mutuellement des maux dont ils souffrent.

La scénographie est sombre. Elle renvoie à l’atmosphère nordique des textes scandinaves. Sont accrochés sur le mur des tableaux sans peinture et sans visage. Quand Alice joue du piano, c’est d’ailleurs sur un clavier invisible. On pense à l’ésotérisme et aux esprits maléfiques. N’est-ce pas là pour Stuart Seide une manière d’évoquer l’invisible ? En effet, la pièce nous emmène dans les les abîmes de l’âme humaine. Elle nous fait voir les tréfonds des êtres qui a l’œil nu semblent normaux.

la danse de mort 2

On comprend au fur et à mesure que ce couple infernal est rendu fou par sa situation. Il s’auto-détruit et se consume progressivement. Kurt se retrouve ainsi pris au piège entre la figure du père et de l’épouse perverse. Les relations de pouvoir entre eux s’inversent. Comme dans une partie de poker, chacun abat ses cartes en bluffant. Puis progressivement on rentre dans une forme plus rythmée de chaos.  L’île est une belle métaphore pour parler de l’isolement. Elle concentre en son sein la malveillance des êtres humains, qu’elle révèle. Les personnages ne vivent que par leur rancœur. Tout est amené à son point le plus extrême où chacun souhaite tuer l’autre. D’ailleurs, la mort rôde sans cesse autour d’Edgar, telle cette figure énigmatique qui vient le chercher au pas de sa porte.

La mise en scène de Stuart Seide est d’une simplicité qui permet aux acteurs d’exister en leur laissant de l’espace. Les acteurs sont très bons et le texte puissant de Strindberg résonne même si l’on sent parfois trop de force dans les intentions des comédiens. Mais in fine le metteur en scène nous laisse quelque peu sur notre faim car on semble attendre de la pièce qu’elle décolle, pour nous embarquer dans l’univers machiavélique de l’auteur.

Photos : © Pascal Gely

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