Songes et Métamorphoses

Athénée Théâtre Louis-Jouvet

  • Date Du 21 Avril au 20 Mai Berhier 17ème
  • une création de Guillaume Vincent
  • avec Elsa Agnès, Paul-Marie Barbier, Candice Bouchet puis Jeanne Cherhal, Lucie Ben Bâta, Emilie Incerti Formentini, Elsa Guedj, Florence Janas, Hector Manuel, Estelle Meyer, Alexandre Michel, Philippe Orivel, Makita Samba, Kyoko Takenaka, Charles Van de Vyver, Gérard Watkins, Charles-Henri Wolff
  • Dramaturgie Marion Stoufflet
  • Scénographie François Gauthier-Lafaye
  • Collaboration à la scénographie James Brandily et Pierre-Guilhem Coste
  • Lumière Niko Joubert
  • Collaboration à la lumière César Godefroy
  • Composition musicale Olivier Pasquet et Philippe Orivel
  • Son Géraldine Foucault
  • Costumes Lucie Durand
2016-17 Comédie de Reims
" Songe et Métamorphoses " inspiré d'Ovide_ Songe d'une Nuit d'Été de William Shakespeare mise en scène Fabrice Melquiot

AVEC 
ELSA AGNÈS,   CANDICE BOUCHET, ÉMILIE INCERTI FORMENTINI,    ELSA GUEDJ,    FLORENCE JANAS,   HECTOR MANUEL,   ESTELLE MEYER, ALEXANDRE MICHEL,    PHILIPPE ORIVEL,   MAKITA SAMBA,    KYOKO TAKENAKA,   CHARLES VAN DE VYVER,     GERARD WATKINS, CHARLES-HENRI WOLFF   ET LA PARTICIPATION DE LUCIE DURAND, JANE PIOT ET MURIEL VALAT ET DE QUATRE ENFANTS
DRAMATURGIE MARION STOUFFLET - SCÉNOGRAPHIE FRANÇOIS GAUTHIER-LAFAYE EN COLLABORATION AVEC JAMES BRANDILY - LUMIÈRES NIKO JOUBERT EN COLLABORATION AVEC CÉSAR GODEFROY – COMPOSITION MUSICALE OLIVIER PASQUET ET PHILIPPE ORIVEL - SON GÉRALDINE FOUCAULT EN COLLABORATION AVEC FLORENT DALMAS - COSTUMES LUCIE DURAND EN COLLABORATION AVEC ELISABETH CERQUEIRA ET GWENN TILLENON – ASSISTANAT À LA MISE EN SCÈNE JANE PIOT - RÉGIE GÉNÉRALE ET VIDÉO ÉDOUARD TRICHET LESPAGNOL

Il a paru naturel à Guillaume Vincent lorsqu’il expérimentait Le Songe d’une nuit d’été, d’approfondir ces mythes dans les Métamorphoses d’Ovide auxquels l’oeuvre de Shakespeare fait constamment référence. Il en a ainsi fait un spectacle en deux parties : « Songes & Métamorphoses ».
Dans la première partie qui traite des Métamorphoses, Guillaume Vincent s’intéresse à la nécessité pour chacun de faire et de voir du théâtre. L’hymne « Eleanor Rigby » des Beatles repris par les deux chanteuses grandioses Candice Bouchet et Estelle Meyer dans un tempo plus lent que l’original, accompagné d’un seul piano, traverse toute la pièce comme un chant de miséricorde : « Ah… I look at all the lonely people ». Ce spectacle veut parler à tout le monde sans laisser personne à l’écart. Il respire la générosité.


Simulacre d’un spectacle de fin d’année de la classe de CM2, du debrief avec les parents d’élèves, d’un atelier de théâtre du lycée, d’une répétition d’une troupe de théâtre, tout est retranscrit dans une vérité qui trahit le vécu à travers ces histoires toujours un peu grinçantes à force de parodie. En parallèle, les métamorphoses accompagnent et subliment la vie quotidienne de ces personnages. elles sont les métaphores de pulsions animales et de désirs indécents : le mythe d’Hermaphrodite, deux êtres qui fusionnent et forment un hybride à barbe, à seins et à pénis. Le thème de l’hermaphrodite et de l’androgynie renvoie a des problématiques actuelles, le besoin de contrôler sa sexualité jusqu’à se compléter même s’auto-suffire.

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Il y a l’histoire de Myrrha, une jeune lycéenne amoureuse de son père M.Gaillard et le mythe de Pygmalion qui est rattaché à l’histoire d’un type qui tombe amoureux de sa poupée gonflable, à telle point qu’il la fait exister en tant que femme. De nombreuses personnes aujourd’hui ont opté pour ce type de relations qui notamment au Japon devient une normalité.
Le mythe de Procné prend forme à partir du monologue d’une femme de ménage veuve et décidée à trouver un nouveau compagnon, depuis qu’elle a tué l’ancien pour venger sa soeur.
Chaque histoire pourrait être inspirée d’un fait divers. C’est, je pense, la grande force de cette première partie qui donne un nouveau souffle aux Métamorphoses d’Ovide tout en nous en transmettant sa richesse symbolique et spirituelle. Ici Ovide, c’est la ménagère de cinquante ans, fumeuse à la gouaille parisienne et revancharde, qui vient au plateau témoigner de ses années de mariage avec un homme qui la battait. L’atmosphère en est pour le moins effrayante. Un appartement tout noir de même que la femme dans son deuil, avec un rideau d’entrée à paillettes. Ces apparats gothiques font penser à une demeure de sorcière surtout si l’on connait les événements qui vont suivre. Les grosses basses, les coups de feux, les bouteilles de verres cassées, les corps qu’on sort d’une trappe par la cheville : tout est horreur. On sort un peu estomaqué de cette première partie si réaliste et pour le moins cathartique.


Dommage que la deuxième partie – après l’entracte- qui met en scène le songe d’une nuit d’été de façon beaucoup plus classique, ne soit pas restée dans la même veine. Ce Songe d’une nuit d’été, est une boîte de nuit où tombe confettis sous les flashes du stroboscope qui laisse place peu à peu à un feuillage d’or et d’argent. Mais que nous raconte ce songe, mis à part la pièce de Shakespeare ? Mis à part une grande comédie où les artisans s’auto-commentent, la fiction est laissé à un jeu de scène à l’humeur blagueuse qui ressemble à l’after épuisée d’une première partie réussie. Guillaume Vincent a choisi de faire jouer Titania et Obéron par les deux chanteuses, et donne au Songe des allures de comédies musicales. C’est beau, bien fait, mais malheureusement ça ne nous raconte pas grand chose. D’autant plus qu’on sent dans cette mise en scène la volonté de respecter dans son intégralité le texte de Shakespeare plutôt que celle de nous en raconter l’histoire. Le spectacle de fin des artisans dans la pièce est à l’image de ce songe ; populaire, bon vivant, il aurait gagné à oublier le public pour gagner en intériorité et en profondeur. Si pour la première partie, riche et  foisonnante, on a une véritable création et un parti pris assumé de la part du metteur en scène, la seconde partie, le Songe d’une nuit d’été se révèle linéaire, commenté, et même s’il est truffé d’instants comiques, assez vide sur le fond.

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