Les culs de plomb

Théâtre Jean-Vilar de Vitry-sur-Seine

  • Date 21 avril 2017
  • Texte et mise en scène Hugo Paviot
  • Avec David Arribe, Aïni Iften, Laetitia Poulalion, Sophie Stalport
  • Création et régie lumières Pierre Marteau
  • Création et régie son Christine « Zef » Moreau
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Les culs de plomb est le premier volet d’une trilogie, celle d’Alexandre.

 

Ceci pourrait être un conte, une énigme ou une réflexion sur le monde. Un point de vue, celui d’Alexandre, devenu mystérieusement autiste et passionné d’astrophysique.  Il découvre mentalement l’existence d’une nouvelle planète et s’enfuit de la clinique où il séjourne. Sa fiancée Delphine l’accompagne dans un voyage qui les conduira jusqu’au désert algérien…

 

Le texte d’hugo Paviot  se joue ici des effets  de l’autisme, des croyances, des pulsions aux frontières du subconscient et de l’astrophysique. Les mots timbrent le jeu des acteurs en sublimant David Arribe dans une composition tenue, subtile et maîtrisée.

 

Une dramaturgie de l’espace simple et efficace qui nous plonge dans la tête d’Alexandre.

Un espace tantôt plat, vaste, ouvert au public, nous prenons l’histoire de face ; tantôt rond, circulaire, fermer, – des mouvements chorégraphiés, géométriques, droits – comme des icônes, des personnages de jeux vidéos, les acteurs traversent la scène comme on traverse un écran.

 

Nous restons branchés au fil du conte…

 

Au détour de la fable se joue aussi des désirs.

Le désir d’une femme amoureuse d’un enfant.

Alexandre, persuader de trouver une planète dans un désert.

Claire, faciné par le subconscient d’Alexandre.

Et une vielle dame victime de la guerre d’Algérie criant « vengeance ».

 

C’est dans tous ces détours, ces « sur-objectifs », ces creux, ces tentions que repose l’intrigue et le propos de l’histoire. Car la narration passe ici par tous les personnages. Nous avançons dans la pièce aux lumières de leurs confidences.

 

Une guerre, celle d’Alexandre, seul face à lui même, seul avec les autres. Elles tournent, tournent, tournent autours de lui. Dans sa tête c’est le bordel : des femmes, des planètes, une mémoire et un monde.

 

Car ce que tente ici hugo Paviot, c’est bien de se jouer d’une « histoire intime faisant écho à l’histoire du monde ».

 

En sortant de se premier volet, nous restons tout de même un peu perplexe quant à la comparaison mais nous saluons admirablement le geste. Car peut être que finalement, toute histoire intime est reliée quelque part à l’humanité. C’est une véritable question que pose hugo Paviot. Un spectacle qui vaut fortement le coup d’œil. Une trilogie à suivre !

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