Jardins suspendus

Théâtre de Belleville

  • Date du 4 au 15 avril 2017
  • Écriture et mise en scène Camille Davin
  • Comédiens Romain Blanchard, Jana Klein, Esther Marty Kouyaté, Daniela Molina Castro
  • Musicien Léo Flank
  • Scénographie et vidéo Camille Olivier
  • Création Lumière Jimmy Boury
  • Live painting Fumihiro Ueoka

 

 

“Jardins suspendus” raconte l’histoire de Mai. Cet homme, quittant le Japon sans prévenir femme et famille, se retrouve à Paris, errant et ouvert aux rencontres. Il croise dans les rues une femme, la suit et entre ainsi dans un cours de dessin. Il devient le modèle des deux élèves présentes et de leur professeur. A travers cet “errant”, les trois femmes découvrent des figures d’êtres aimés rééls ou rêvés : un enfant disparu, une amoureux, un mari absent…
Ce temps de l’exil prendra fin avec la décision de Mai de retourner chez lui.

 

D’emblée, l’espace choisi situe cette pièce hors du temps : des carrés d’herbe au sol, des cubes de bois, et, à jardin, un musicien jouant au rythme du récit sur des instruments aux sons doux… Nous sommes dans un espace onirique, métaphorique, ouvert et horizontal. Un espace où tout devient possible pour ceux qui sont seuls, qui ne savent pas où ils vont, à ce moment donné de leur histoire. Espace de circulation où l’on se croise, s’aborde sans se parler en face ; espace de création avec l’atelier dessin où le dessin se projète sur le papier ou sur le corps ; espace d’un appartement où l’on se retrouve… Dans ce dépouillement, quelques objets : des banzaïs, des crayons, des feuilles… Et trois micros suspendus.

 

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“Jardins suspendus parle de la perte de repères qui traversent les jeunes générations, dans la difficulté à être dans un monde social dont les anciennes règles (un domicile, un travail, une famille) se délitent. (…) Cet état d’errance est aussi un état de rébellion silencieuse qui vient questionner les postulats politiques, professionnels, affectifs, et culturels imposés par la société moderne, pour leur préférer un rêve, parfois hors du temps (…)” (extrait de la note d’intention de Camille Davin).

 

Camille Davin, auteure et metteuse en scène, parvient à proposer une certaine poésie de cet état d’errance grâce à la délicatesse de son traitement – lumières, sons, dessins projetés en direct, diction simple et souvent frontale des comédiens. On sent qu’elle tend vers une certaine forme esthétique sans parvenir tout à fait à nous convaincre. Malgré l’apparent dépouillement du plateau, elle souhaite peut-être nous raconter trop de choses, nous montre trop de signe qui laissent les comédiens -pourtant très à l’écoute de cet ensemble- comme le propos, parfois trop en suspens.

 

Un spectacle donc tout en nuances et en poésie mais qui mériterait peut-être d’aller jusqu’au bout de ses choix pour, en se simplifiant, atteindre pleinement la beauté et la vérité que semble chercher l’équipe de ces jardins.

 

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