DIANA

Théâtre de l'Opprimé

  • Date 18 mars 2017
  • Compagnie Pavillon Hard
  • Avec Kimiko Kitamura, Emma Bernard, Elsa Madeleine
  • Texte Emma Bernard
  • Court-métrage et composition Pauline Rambeau de Baralon
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Festival Acte & Fac le retour !

Après le premier round au Théâtre de la Bastille, c’est le Théâtre de l’Opprimé qui accueille le rappel de l’édition 2016. Cinq compagnies et cinq spectacles pour une semaine de jeune création qui se veut un rendez-vous incontournable. L’université Paris 3 présente fièrement les travaux de ses étudiants dans une ambiance aussi chaleureuse que professionnelle. Regarder, voir, interroger, échanger, parler simplement à son voisin, s’accouder au bar pour boire un verre… Le Théâtre de l’Opprimé nous offre un espace où l’on aime se rencontrer. En cette période où l’on se pose la question de ce qu’il est encore possible d’accomplir, de conquérir, où l’on se demande comment changer les choses, ce festival, véritable foyer pour de jeunes artistes, nous montre un chemin des possibles sur lequel on s’engage avec délectation.

 

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Pavillon Hard, remarqué au festival Confluences, festival engagé artistiquement autour de sujets politiques et d’actualité, continue dans sa lancée avec Diana, création aux accents féministes.

Pourquoi ce titre ? Tout d’abord en référence à l’iconique Lady Di, femme trompée et blessée, qui a décidé (plutôt que de s’apitoyer sur son sort), de reprendre goût à la vie mais qui malheureusement mourut trop tôt : 36 ans, soit quelques années de plus seulement que les comédiennes. Elles sont trois amies : Elsa, Emma et Kimiko, trois pièces d’un même puzzle, réunies pour faire un point sur leur vie, évoquer leurs projets artistiques. Trois femmes endurcies qui parlent de la difficulté de créer et du regard des autres, épluchant le regard voyeuriste du paparazzi face à Lady Di comme celui du directeur de casting intransigeant, sans oublier les regards obscurcis par les préjugés. Au cœur de ces discussions : une question sous-jacente, celle du temps : le passage à l’âge adulte, le temps du vide… Les comédiennes le matent et vont jusqu’à le défier en brouillant les temporalités, en animant des images, insufflant ainsi de la vie à l’inerte. Si les comédiennes se jouent de la linéarité, elles repoussent aussi les limites de la scène grâce à la vidéo qui expose une histoire parallèle à celle présentée en première partie. Une soif de liberté donc. On regrette cependant qu’il n’y ait pas d’explosion, de climax, que les tensions soient contenues. Les interprètes restent un poil trop sages.

La scène est épurée : pas de décors, des costumes simples et très peu d’accessoires (une perruque blonde et un manteau de fourrure) qui permettront à l’incisive Emma de faire revivre la princesse des cœurs en direct. Pourtant ces comédiennes sympathiques parviennent, à travers une écriture de plateau riche et un jeu tout en sincérité à nous faire voyager dans un univers poétique, plein d’humour et de flegme bien que ponctué par des moments plus sombres. Toutefois, ces moments plus mélancoliques ne tombent jamais dans le pathos ; félicitations à elles pour ça.

En bref, Diana, qui signifie « la lumineuse », apparaît comme le pendant du trio qui malgré son désabusement reste optimiste et nous offre 1h15 de parenthèse enchantée.

Rédigée par Ondine Plesanu

dans le cadre de l’atelier de critique théâtrale (Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3)

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