Mon Coeur

Théâtre des Bouffes du Nord

  • Date Du 16 mars au 1 Avril Du mar. au sam. à 20h30 Matinées les sam. à 15h30

La nouvelle création de Pauline Bureau au théâtre des Bouffes du Nord est un chef-d’oeuvre.

 

Tombée sur une interview d’Irène Frachon en 2014, la metteuse en scène prend connaissance de la terrible affaire du Mediator et la porte sur scène.
Le Médiator est un médicament vendu aux femmes, en particulier après une grossesse, qui veulent maigrir.
Mais il s’avère que médiator ne régit pas qu’une perte de poids, il détruit à petit feu les valves cardiaques. 300.000 personnes ont été victimes de cet empoisonnement sous le silence des multinationales de la pharmaceutique et des médecins prescripteurs auxquels l’AFSSAPS (Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des Produits de Santé) ne trouve rien à redire.

La pièce s’attache à nous raconter ce parcours du combattant, d’une part via l’évolution du combat d’Irène Frachon (dénonciation de la toxicité du produit auprès de l’AFSSAPS, mise en oeuvre d’une commission d’experts, rencontres avec les victimes,  l’écriture d’un livre pour dénoncer le médicament, interviews …) et d’autre part via le combat personnel de claire.

MON COEUR texte et mise en scene Pauline Bureau avec Yann Burlot, Nicolas Chupin, Rebecca Finet, Sonia Floire, Camille Garcia, Marie Nicolle, Anthony Roullier, Catherine Vinatier dramaturgie Benoite Bureau composition musicale et sonore Vincent Hulot scenographie Emmanuelle Roy costumes et accessoires Alice Touvet lumieres Bruno Brinas videos et images Gaetan Besnard collaboration artistique Cecile Zanibelli regie generale Thomas Coux regie video Christophe Touche regie plateau Guillem Picq developpement et diffusion Olivia Peressetchensky administration Christelle Krief presse Isabelle Muraour l'auteure remercie Irene Frachon, lanceuse d'alerte et auteure de Mediator 150 mg Combien de morts, pour la confiance et le temps qu'elle lui a accordes
Claire est une jeune femme de 35 ans. Elle fait partie de ces nombreuses mères a qui l’on a prescrit ce médicament après sa grossesse pour perdre les 25 kilos qu’elle avait pris. Elle est vendeuse en lingerie, elle élève son enfant seule, sort en boîte régulièrement et entretient une relation amoureuse stable. Claire est une femme du XXIème siècle, une superwoman comme une autre. On la suit dans la découverte de sa maladie, les conséquences dramatiques de celle-ci puis dans sa bataille pour être indemnisée. Elle encaisse les coups qui aurait mis n’importe quel boxeur K.O.

« Au premier coup: Je serre les dents et je me redresse
Au 10eme coup je comprend que je j’abandonnerai jamais
La peur m’a quittée, la douceur aussi. »

Après une double valvulopathie, une opération à cœur ouvert, les conséquences ont détruit la vie de Claire. Son régime alimentaire stricte ne lui permet plus de dîner dehors, sa fatigue constante lui fait perdre son emploi, la cicatrice de 31cm, le stress de ce nouveau corps l’enferme dans une absence de relations intimes et engendre la départ de son amoureux. Elle déménage pour un appartement adapté à sa situation d’handicap, et s’isole de plus en plus. Seule sa soeur et son fils lui apportent soutien. C’est une lutte interminable semée d’embûches où sa vie sera passée au crible des experts, avocats etc… Il lui faudra de longues années de courage à déballer sa vie dans les moindres détails de son intimité.

MON COEUR texte et mise en scene Pauline Bureau avec Yann Burlot, Nicolas Chupin, Rebecca Finet, Sonia Floire, Camille Garcia, Marie Nicolle, Anthony Roullier, Catherine Vinatier dramaturgie Benoite Bureau composition musicale et sonore Vincent Hulot scenographie Emmanuelle Roy costumes et accessoires Alice Touvet lumieres Bruno Brinas videos et images Gaetan Besnard collaboration artistique Cecile Zanibelli regie generale Thomas Coux regie video Christophe Touche regie plateau Guillem Picq developpement et diffusion Olivia Peressetchensky administration Christelle Krief presse Isabelle Muraour l'auteure remercie Irene Frachon, lanceuse d'alerte et auteure de Mediator 150 mg Combien de morts, pour la confiance et le temps qu'elle lui a accordes


Pauline Bureau va à l’essentiel, en choisissant l’information qu’elle donne au plateau avec subtilité et manie dans une grande maîtrise l’économie du geste. Pour les rendez-vous chez le médecin ou l’avocat, seul un bureau suffit, pour l’appartement juste un canapé et des rideaux en fond de scène, une découpe rouge, un éclairage en latéral : aussi précis que beau. Chaque tableau est travaillé au cordeau et pose une esthétique en soi. Pour le reste, les comédiens portent la fable admirablement en vivant pleinement leurs personnages dans ce qu’ils traversent.

Le plateau se modifie, si au départ l’alternance des scènes se font sur le plateau, avec un deuxième niveau consacré à la vidéo et aux informations projetées, nécessaires à la compréhension  (comme les dates), ce deuxième devient à part entière un espace de jeu consacré au personnage d’Irène Frachon, alors que le plateau s’attache au combat de claire.

Le spectacle s’inscrit dans une veine naturaliste avec des moments vraisemblables qui ont une touche d’onirisme.La metteuse en scène retranscrit des instants de vies avec une telle clairvoyance qu’elle parvient à recueillir le caractère unique des scènes de la vie quotidienne en redonnant toute leur puissance poétique. Sans doute est-ce là la nécessité du théâtre. On pense notamment à l’opération à cœur ouvert dans le bloc opératoire où l’équipe et le sérieux de l’opération appartient au réalisme mais où le fond sonore et la vidéo projection lui donne une dimension surnaturelle. Il est rare de trouver un spectacle où la vidéo projection, utilisée à bon escient, est défendue comme une technique indispensable (photographie du coeur, souvenir d’anniversaire, horloge de France Inter…). Elle ne fait pas rajoutée pour souligner le texte ou créé un effet fabriqué.

A la fois politique, féministe, humain, avant-gardiste, Pauline Bureau fait le procès des institutions françaises séniles et durs d’oreilles tenu en laisse par l’industrie pharmaceutique. Elle prend la grande histoire de ce scandale dans une recherche documentaire approfondie pour en parler à travers la petite histoire de Claire Tabard qui mène campagne pour toutes les femmes.

Une œuvre magistrale à ne surtout pas rater !

 

Co-écrit avec Catherine-Elishéva Decastel

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