Intelligente friandise finnoise

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{{{Des adolescents et des sketchs}}}

Voilà, ça commence: huit jeunes finlandais débarquent sur scène, habillés décontractés, mains dans les poches, coiffure négligés. Ils se baladent, c’est cool, c’est sympa. Ils se retrouvent dans un coin où à été aménagé un espace nourriture-repos-changement, c’est marrant, décontractant. Pas de début magistral: on entre tranquillement dans un univers dépourvu de toute théâtralité, on adopte immédiatement les personnages qui nous sont donnés à apprécier avec complicité. Ambiance cosy-waaw, on se sent chez soi. Alors, le spectacle peut se mettre à malicieusement nous parler. Regards frais et phrases spontanées: les comédiens décrivent les sketchs qu’ils s’apprêtent à danser, portent un regard joyeusement ironique sur ce qu’ils produisent, se titillent, se pokent, se séduisent entre eux, dansent et s’arrêtent, s’éloignent et se retrouvent, se vivent les uns les autres en toute légèreté.

{{{Jeu + jeu = nous}}}

Ils jouent, c’est ça, c’est tout. Les membres s’agitent joyeusement, les mots partent dans des sens absurdes. Quelques notes de musique esquissées maladroitement sur une guitare; laisser aller du corps… ici la plus jeune des danseurs (12 ans) semble être seule en train de danser dans sa chambre, là le jeune brun (15 ans) se met à chanter sans pour autant entrer dans la performance vocale, là-bas une danseuse vêtue d’une combinaison de dentelle blanche se met à hurler et sitôt se tait. Un vrac frais. Pas d’histoire précise, pas de technique ostentatoire, seul un mouvement de fraicheur se fait devant nous, on croirait être dans son bain, voir des bulles de vie dansées et chantées se former puis éclater, virgule, on rit de les voir se gonfler et se dégonfler, tiens, il mange un sandwich, tiens, elle se maquille sur le coté. Voilà, il se passe assurément quelque chose de non imposant: quelques petites choses qui parlent souplement, quelques petites choses qui importent sans que personne ne les porte lourdement.

{{{Spontanéité maitrisée}}}

Il s’agit de se faire bercer par une représentation libérée. Libéré ne veut pas pour autant dire désordonné, ne veut pas dire {non-maitrisé}: dans cette ode {[Giselle->http://fr.wikipedia.org/wiki/Giselle,_ou_les_Wilis]} version 2.0, la technique est là. La malice finnoise sait vers où elle va: elle veut raconter quelques couleurs amoureuses, quelques appréhensions malheureuses. On nous parlera corporellement de la séduction en explorant des musiques kitchissimes à la Whitney Huston, en bougeant sur un {Smells like teen spirit} pétillant. On nous évoquera la légèreté qui implose dans un groupe dont chacun « sait que l’autre sait » en se poussant le rire à la queueleuleu, en présentant quelques portés techniquement maitrisés ou volontairement mal assurés. On nous soufflera l’idée de la mort par le biais de corps allongés aux sursauts percutants sous des ultras-violets troublants. Etc. En fait, les habits des danseurs changent au fur et à mesure de la représentation: dans l’apparent vrac qui, au départ, met le spectateur en confiance, se dessinent rapidement des schémas de récits justes et précis.

{{{Complexe légèreté de l’être}}}

Complexe légèreté et féconde spontanéité: ce {Lightness and death} est à apprécier à la manière d’un vent discret qui, précisément parce que n’étant pas ostensible tout en étant bien présent, touche et rafraichit pleinement.

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