Yakich et Poupatchée

Athénée Théâtre Louis-Jouvet

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{{ {Farce à course.} }}

{{Yakich et Poupatchée}}, sont laids. Désespérément vilains. A tel point que leur parents respectifs au nom de famille bigarré Touchpiss et Roupatché, décident de se débarrasser d’eux et d’engager un marieur pour trouver sabot à leurs petons. Le face à face arrive et là… C’est la panne, problème de consommation : Impossible de régler l’aiguille à 6h, comme tout le monde voit ce qu’ils veulent dire. Il faut donc demander un sérieux coup de main… Mais à qui ? A la vieille fille de joie, à la princesse dorée… ? S’en suit une épopée rocambolesque du désir impossible et ainsi s’enclenche la mécanique folle et décadente du comique désespéré.

{{ {Grotesque.} }}

L’univers de Yakich et Poupatchée est gros : c’est à dire caricatural comme le veux le cynique et satirique Levin. {{Frédéric Bélier Garcia}} prend les allusions au pied de la lettre et donne une envergure toute plastique à ses personnages et au monde qui les entoure: gigantesque rideau vieilli auxquels sont accrochés des ballons roses en plastiques, souche d’arbres comme assises massives des personnages, baignoire avec bulles de polyester, grandes robes à froufrous et trou de serrure en velours, sans oublier le château aux tours phalliques de la princesse Mozarella. Toute cette salade baignée dans une musique de crooner italien, romantique à souhaits susurrée à l’oreille des petits monstres. Les séquences se suivent mais ne se ressemblent pas dans une épopée vers l’absurde assez jubilatoire. Dans cette hymne bigarrée à la bassesse humaine, les comédiens prennent possession du plateau avec instabilité et grimaces, et ainsi donnent force perdue aux personnages : {{Alexis Lameda Waksmann}} en Yakich oppressée et pressant sous une lassitude d’enfant, n’attend que l’émerveillement de sa jeunesse ; {{David Migeot}} en marieur et baron italien qui est l’arroseur arrosé en fuite permanente ; et {{Ged Marlon}} dans le rôle du beau-frère dans toute sa splendeur. Autant de figures, de vivants avec trop d’épaisseur qui s’opposent aux mariés en papier mâché, et à l’immense pin-up en carton, images insensibles qui font tellement rêver.

{{ {Rire et Survivre.} }}

La force de cette mise en scène qui joue sans cesse avec la vulgarité, est d’assumer les parts d’ombres et les vides que représente l’atmosphère de Levin et ses caricatures du bas genre humain. C’est une peinture rosée comme les joues de Poupatchée, mais une peinture triste et surtout tendre de cette course vers l’issue impossible du désir. L’ironie et le cynisme de Levin sont mordants et gras. Mais ce n’est pas le rire extrême de la moquerie qui ressort de cette mise en scène de Yakich et Poupatchée, c’est d’abord un désespoir, un lâcher-prise sur les désirs et les rêves. C’est ensuite la simplicité désespérée de la vie, celle que l’homme accepte parce que bon, il faut se faire une raison, comme nous le dit Yakich à la toute fin de la pièce :{ « Papa, Maman : j’ai grandi, je suis totalement désespéré. »}. Le spectateur rit gras mais aussi noir, dans un entre deux étrange : comme un miroir déformant aux ressemblances plus que troublantes.

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